Pour la première fois de sa carrière de juré, Frédéric Chapuis sera assesseur lors du tournoi des poids lourds de la Saint-Louis à Sète, lundi 24 août. Le Frontignanais, membre du jury depuis 1999 et ancien jouteur pendant près de 30 ans, siégera à la table du jury du Grand Prix, un rôle qu'il qualifie de « tâche difficile » et source de « pression de la décision ».
Un honneur et une première pour le tournoi des lourds
Comme chaque année, Frédéric Chapuis suivra un programme précis pour le Grand Prix de la Saint-Louis. Petit-déjeuner à Frontignan avec ses collègues de la Société des Jouteurs Frontignanais (SJF), défilé à 11 h, puis moments de convivialité sur la place du Pouffre jusqu'à 14 h, quand il prendra place sur le Cadre royal. La différence par rapport aux éditions précédentes : il siégera cette année à la table du jury de la compétition des poids lourds.
« C'est un honneur d'avoir été appelé. Le Grand Prix est le plus gros tournoi de la saison, c'est notre Coupe du monde », confie-t-il. Le jury du Grand Prix est composé d'un président sétois, d'un assesseur sétois et d'un assesseur extérieur. Après le désistement d'un Mézois, c'est le nom de Frédéric Chapuis qui a été retenu.
Un jouteur expérimenté, un juré légitime
Le Frontignanais connaît bien les joutes. Il est tombé dedans quand il était petit, mais ses parents trouvaient cela trop dangereux. « J'ai dû attendre mes 18 ans pour commencer », raconte-t-il. Président de la Société des Jouteurs Frontignanais de 2022 à 2025, il a désormais pris sa retraite de jouteur et se tourne pleinement vers son rôle de juré.
Sylvio Cuciniello, finaliste du Grand Prix 2025, salue la nomination de son camarade de la SJF : « Frédéric est un amoureux et connaisseur de la tradition, ce qui le rend légitime. Ce doit être un honneur pour lui de continuer à participer à cette belle fête. »
Analyser chaque passe sans assistance vidéo
Pendant de longues heures, Frédéric Chapuis analyse chaque passe avec précision, sans se laisser distraire par la clameur des spectateurs ou le soleil cuisant. Sans assistance vidéo, l'assesseur ne peut faire confiance qu'à ses yeux, sa connaissance des joutes et du règlement. Mais le Frontignanais n'est pas dupe : le regard reste subjectif. « En fonction d'où vous êtes installés dans les tribunes, vous n'assistez pas à la même passe. Moi, je dis ce que je vois », explique-t-il.
Quand les deux assesseurs ne sont pas d'accord, c'est au président de trancher. Le plus important est de prendre une décision rapidement : « si tu prends ton temps à consulter le règlement, le jouteur va monter en pression. »
La pression de la décision et la transmission de la tradition
Le jury détient le sort des combattants entre ses mains. Il arrive que certains contestent une décision et sortent de leurs gonds. « Le jouteur peut se sentir lésé. Je sais ce que c'est, je suis passé par là. Mais moi, je m'appuie sur ce que j'ai vu. Je ne suis pas un robot, je peux faire des erreurs, personne n'est parfait. Je veux juste être cohérent », confie-t-il.
Heureusement, il y a des fois où la passe parle d'elle-même. « Les jouteurs font le jury. Si l'action est belle, elle sera facile à juger », ajoute-t-il. La Ligue des Joutes Languedociennes organise annuellement des rappels au règlement pour les potentiels jurés. Frédéric Chapuis estime que chaque jouteur devrait s'y essayer une fois, pour avoir une meilleure compréhension des joutes. « Les gens ne veulent plus trop y aller. Pourtant, ça fait partie du tournoi, comme les rameurs, les jouteurs, les hautboïstes… Les joutes ne sont pas seulement un sport, elles sont une tradition. Et il faut s'assurer qu'elle ne meure pas. »



