À Rome, le centre social « Esc Atelier » est dans le viseur du gouvernement de Giorgia Meloni. Mardi 25 août, des perquisitions ont été menées dans ses locaux, situés dans le quartier de San Lorenzo, dans le cadre d'une enquête pour occupation illégale. La veille, la préfecture de Rome avait notifié une ordonnance de fermeture administrative, donnant aux occupants un délai de 48 heures pour quitter les lieux.
Une occupation de longue date
Le centre social, installé dans une ancienne usine désaffectée, est occupé depuis 2013 par un collectif d'habitants et d'artistes. Il abrite notamment un théâtre, une bibliothèque de quartier et un espace d'accueil pour les réfugiés. Selon les occupants, environ 200 personnes fréquentent le lieu chaque semaine, dont une cinquantaine de bénévoles réguliers.
L'ordonnance de fermeture, signée par le préfet de Rome, invoque des motifs de sécurité et d'hygiène. Les occupants contestent cette décision, affirmant que le bâtiment a été régulièrement entretenu et que des travaux de mise aux normes ont été effectués ces dernières années. Ils dénoncent une « instrumentalisation politique » à quelques mois des élections municipales.
Une mobilisation en cours
Depuis l'annonce de la fermeture, un collectif de soutien s'est formé. Des habitants du quartier, des associations et des élus locaux ont organisé des rassemblements devant le centre social. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 3 000 signatures, selon les organisateurs. « Ce lieu est essentiel pour la vie du quartier », déclare Maria, une habitante de San Lorenzo, citée par l'Agence France-Presse. « Il offre des activités culturelles et sociales qui manquent cruellement dans ce secteur. »
Le gouvernement Meloni, qui a fait de la lutte contre l'occupation illégale de logements une priorité, a salué la décision de la préfecture. Le ministre de l'Intérieur a rappelé, dans un communiqué, que « le respect de la loi est une condition indispensable pour toute activité sociale ». Les occupants, eux, affirment leur intention de rester et de contester l'ordonnance devant le tribunal administratif.
Quelles suites possibles ?
La situation reste tendue. Les occupants ont jusqu'à jeudi soir pour quitter volontairement les lieux, faute de quoi une expulsion pourrait être ordonnée. Ils ont annoncé qu'ils ne partiraient pas sans résistance. Le collectif de soutien prévoit de nouvelles actions de mobilisation dans les prochains jours, notamment une assemblée générale ouverte au public. L'issue de cette affaire dépendra en partie de la réponse de la justice administrative, saisie par les avocats du centre social.



