Rodéos urbains à Saint-Sulpice-et-Cameyrac : une famille épuisée par les nuisances sonores
À Saint-Sulpice-et-Cameyrac, en Gironde, une famille vit un véritable calvaire à cause des rodéos urbains qui perturbent leur quotidien. Michaël Lopes Rodrigues, les traits tirés et la voix fébrile, témoigne des nuisances quasi quotidiennes qu'il subit avec sa famille depuis plusieurs années.
Des nuisances sonores intolérables
Leur maison, située à seulement 20 mètres de la D242, dite route de Libourne, est aux premières loges pour observer le ballet incessant des moteurs. « Tous les soirs ou presque, et systématiquement le week-end, de jeunes automobilistes et motards font vrombir leurs engins », explique Michaël. Les véhicules, souvent modifiés pour augmenter leur puissance et leur bruit, circulent à des vitesses bien supérieures à la limite autorisée de 50 km/h, certains atteignant même les 100 km/h.
La situation a empiré avec la naissance de leur enfant il y a trois ans, obligeant la famille à passer plus de temps à la maison. « Mon fils est réveillé en pleine nuit, ma femme a souffert pendant sa grossesse, et je suis constamment sur le qui-vive, le cœur battant », confie le jeune père. Les nuisances se produisent principalement à l'entrée du parc d'activités de Canteloup, où un carrefour et un rond-point servent de terrain de jeu pour ces rodéos.
Des interventions limitées des autorités
Michaël a multiplié les démarches : plaintes régulières, pétitions, et alertes à la gendarmerie de Carbon-Blanc. Cependant, les interventions restent souvent vaines. « La gendarmerie vient, mais ne peut que rarement constater les infractions, car les engins et leurs pilotes sont déjà partis », déplore-t-il. Quatre individus ont été jugés en juin, mais les nuisances ont persisté, décourageant même les voisins qui ont fini par se lasser.
Le maire de Saint-Sulpice-et-Cameyrac, Pierre Cotsas, reconnaît la complexité de la situation. « Nous comprenons la gêne pour cette famille, victime de ces rodéos. Nous essayons de trouver des solutions avec la police municipale, mais c'est complexe », précise-t-il. Parmi les pistes envisagées, l'installation d'une caméra de vidéosurveillance pour dissuader les contrevenants, mais aucune mesure n'a encore été mise en place.
Une impasse pour la famille
Face à cette impasse, Michaël envisage de vendre sa maison, mais se heurte à des contraintes financières. « On rembourse la maison et on n'a pas les moyens de partir », avoue-t-il, évoquant même des arrêts de travail liés au stress accumulé. La station de lavage ouverte 24h/24, située juste en face, devient involontairement un point de ralliement pour ces jeunes, aggravant les nuisances.
Le maire appelle au calme pour éviter toute escalade des tensions, mais Michaël lance un appel poignant : « Venez passer un week-end chez moi, vous verrez ». Cette situation met en lumière les défis de la lutte contre les rodéos urbains, où les nuisances sonores et les risques sécuritaires pèsent lourdement sur les riverains, souvent démunis face à des pratiques difficiles à contrôler.



