Le comédien et réalisateur Éric Judor a présenté en avant-première son nouveau film « Le roi du game » mardi 26 août au soir à Carqueiranne, dans le Var, à l'occasion de la dernière soirée du Festival de la Lune. Accompagné de son complice Hafid F. Benamar, il a lancé une tournée de projections qui doit le mener à Antibes, Cannes et Mouans-Sartoux ce mercredi, puis à Saint-Raphaël jeudi et à Cotignac vendredi.
Un retour derrière la caméra après neuf ans d'absence
Pour ce nouveau long-métrage, Éric Judor signe la réalisation et interprète le premier rôle, celui d'Alexandre, un père prêt à tout pour remettre sa fille aînée sur le droit chemin. Le personnage dispose de moins d'une journée pour y parvenir, dans le cadre d'un jeu de rôle grandeur nature (GN) dont il ne comprend aucune des règles. Cette immersion lui permet également de renouer avec l'adolescent qu'il était.
Interrogé sur son attrait pour cet univers, le réalisateur a expliqué : « J'aime bien les gens à la marge, les communautés à la marge. Ici, ils ont un univers que je trouve extrêmement cinématographique. Ils s'inspirent du cinéma, de films d'héroïc fantasy. Ce sont des gens qui font vachement d'efforts sur les costumes, les décors, les scénarios qu'ils développent pendant leur week-end de jeu. » Il a ajouté : « Imaginez un personnage qui ne connaît pas ces scénarios… Un mec confronté à cet univers qui n'est tellement pas banal. Ils sont tellement habités, en plus. Et des gens habités face à quelqu'un qui ne l'est pas du tout, ça produit tout de suite de la comédie. »
Une complicité de longue date avec Hafid F. Benamar
La relation entre les deux artistes, qui dure depuis des années, a été au cœur des échanges. À la question de savoir comment il avait réagi lorsque Hafid F. Benamar lui a proposé ce rôle, Éric Judor a plaisanté : « T'as paniqué ? » Ce dernier a répondu : « Ouais, j'ai eu peur (rires). Après, c'est Eric. On ne va pas se mentir, il m'appelle et je dis oui tout de suite. Jamais j'ai dit non. » Éric Judor a alors enchaîné : « Tu devrais pas. (rires) Tu devrais vraiment lire le scénario. Je te jure. »
Pour se préparer, les deux comédiens sont allés observer des participants à des jeux de rôle grandeur nature. Éric Judor a raconté : « On a des a priori au début, et puis quand t'es dedans… T'as envie d'y jouer. » Hafid F. Benamar a ajouté : « Oui, ils sont tellement investis. Après, quand c'est plus leur moment, ils sont tranquilles. En fait, c'est des comédiens de théâtre amateur. Il y a un truc qui est prenant immédiatement et la moquerie, on la laisse de côté au bout d'un quart d'heure. C'était fascinant. On retrouve l'âme de l'acteur, en fait. »
Une réflexion sur la paternité et les relations père-fille
Le film aborde également la relation père-fille, un thème déjà exploré par Éric Judor dans « Week-end Family » sur Disney+. Le comédien a justifié ce choix : « Je suis à un âge où ce serait con de jouer un personnage qui n'a pas de femme, pas d'enfant, pas de passé, qui est une sorte d'électron libre, comme je l'ai fait pendant des années avec Ramzy dans “Double Zéro”. Ce sont des personnages qui n'existent pas vraiment, des grands enfants. On peut considérer que je suis un peu plus mûr qu'à cette époque et que ce sont des thèmes qui me concernent directement. » Il a précisé : « Quand on m'a raconté cette histoire, de ma fille qui se perd dans ce GN et que je veux ramener dans le droit chemin des études, ça m'a parlé tout de suite. Parce que c'est vraiment un discours que j'avais à la maison pendant très longtemps. »
Interrogé sur son propre rôle de père, Éric Judor a confié : « Ça me fait chier de le dire, mais je ne suis pas loin d'être le mec du film. Mais j'ai appris à mettre de l'eau dans mon vin. J'ai cinq enfants, donc les deux premières ont payé cette espèce de droiture que j'avais et ma certitude de ce qu'était la bonne éducation, ce qu'il fallait faire pour que la vie soit bien et juste. Ça passait par tels diplômes, telles études, telles fréquentations, etc. Ce que je n'ai pas suivi moi-même en plus. J'étais un père un peu à l'ancienne. Un père des années 90, quoi. Aujourd'hui, je n'en ai plus rien à foutre (rires). Ils veulent faire artiste, jongleurs de rue ? Allez-y. Mais du coup ma femme est moins d'accord avec ça. »
Hafid F. Benamar a également partagé son expérience : « On a des trucs de père des années 80-90, mais j'ai deux parties. Très exigeant d'un côté, et je me fais carotter de l'autre, tu vois ? Ils n'ont que 8 ans mais je me fais avoir souvent (rires). Parfois, je suis exigeant, je gronde, et après, on oublie… »
Un conflit générationnel universel et des projets à venir
Le film joue aussi sur la dualité entre la culture des parents et le monde de leurs enfants. Éric Judor a commenté : « Oui, c'est un conflit qui existe depuis toujours, entre les parents et les enfants. Moi, avec mes parents, c'est pareil. Et mes parents avec les leurs, c'était la même chose. Il y a toujours un vrai décalage. C'est sûr que le monde connecté, tout ça, fait que le gap [le décalage NDLR] a grandi un peu, peut-être, entre les deux générations. Mais c'est un peu toujours le même combat. »
« Le roi du game » sort sur les écrans à l'automne prochain. Interrogés sur leurs projets, les deux artistes ont évoqué plusieurs pistes. Éric Judor a mentionné « le projet “Problemos 2” » ainsi qu'un « long-métrage avec Ramzy sur des extraterrestres ». Hafid F. Benamar a, quant à lui, indiqué : « Beaucoup d'écriture et en particulier d'un long-métrage qui me tient à cœur que j'aimerais réaliser. On verra par la suite si ça se signe ou pas… »
Les prochaines avant-premières en présence d'Éric Judor sont prévues ce mercredi à 20 h au Cinéplanet d'Antibes, à 20 h 45 au Cinéum de Cannes et au cinéma La Strada de Mouans-Sartoux. Jeudi, il sera au cinéma Le Lido de Saint-Raphaël à 20 h 45, puis vendredi au théâtre du Rocher de Cotignac à 21 h.



