Il y a quatre ans, le 24 février 2022, la Russie lançait son offensive sur l'Ukraine. Aleksandra et sa famille ont fui Kiev pour se réfugier à Lespignan, dans l'Hérault. Cette mère de famille était devenue virale après avoir posté une photo de sa fille Vira, sur le dos de laquelle elle avait inscrit ses coordonnées, de peur de la perdre durant l'exode.
Une photo devenue symbole
Dans la panique du premier jour de guerre, Aleksandra avait publié ce cliché sur les réseaux sociaux, expliquant avoir écrit l'identité de son enfant et son numéro de téléphone sur le dos de Vira, alors âgée de deux ans et demi. « J'étais totalement affolée, mes mains tremblaient, je ne maîtrisais rien, confie-t-elle aujourd'hui. Pour rassurer Vira, je lui ai dit que c'était un jeu. »
Quatre ans plus tard, Vira, six ans, s'épanouit à l'école du village. Mais le chemin a été plus difficile pour ses parents. Vitaly, le mari, artiste et chef d'entreprise à Kiev, a dû quitter son pays rapidement, désigné tuteur de sa famille par les autorités. Dans l'Hérault, il a travaillé comme maçon pour subvenir aux besoins des siens. « Je voulais vivre, gagner de l'argent pour ne pas faire l'aumône », explique-t-il.
La dépression surmontée par l'art
Aleksandra a traversé une dépression après avoir appris la mort de proches sur le front. Elle s'est alors réfugiée dans la peinture et la photographie. Aujourd'hui, elle suit une formation au Greta de Béziers pour devenir guide touristique et artistique. « La culture ukrainienne est très riche, malgré les tentatives de l'effacer, déclare-t-elle dans un français impeccable. La diplomatie culturelle peut beaucoup. »
Elle expose actuellement ses photographies au foyer du théâtre municipal de Béziers, dans une série intitulée « Amour et anxiété », qui raconte le début de la guerre et le retour à une vie paisible dans le Sud de la France. L'entrée est libre.
Un avenir incertain
Le couple rêve de retourner en Ukraine, mais seulement quand le pays sera sécurisé. « Poutine mène une guerre d'effacement, pas territoriale, souligne Aleksandra. Les Ukrainiens sont résilients, comme le Sphinx. » En attendant, ils restent à Lespignan, bien intégrés et en sécurité. « Nous ne pouvons que remercier la France et les amis qui nous ont aidés. L'été prochain, nous irons dans le nord pour remercier le couple qui nous a hébergés au début. »
Ce dimanche 22 février, la communauté ukrainienne de Béziers organise un rassemblement place Gabriel-Péri à 11h pour commémorer les quatre années de résistance. Une exposition d'Aleksandra est également visible au théâtre municipal.



