Une nouvelle demande de mise en liberté rejetée
La cour d'appel de Lyon a rejeté, ce mardi 23 juin, la deuxième demande de mise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 empoisonnements de patients, dont 12 mortels, dans des cliniques de Besançon, le praticien de 54 ans a interjeté appel de cette décision.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel du Rhône a motivé son rejet par "le risque de pressions sur les témoins et les victimes, le risque de renouvellement des faits et des risques graves, exceptionnels et persistants de trouble à l'ordre public". Cette décision fait suite à un premier refus de remise en liberté prononcé à Besançon en février, confirmé par la Cour de cassation en mai.
Un procès en appel prévu en 2027
Le procès en appel de Frédéric Péchier, que la cour d'assises du Doubs a qualifié de "tueur en série", est programmé à Lyon à partir de septembre 2027. L'ex-anesthésiste, qui clame toujours son innocence, souhaitait être libéré pour "pouvoir travailler" et prouver son innocence hors de prison.
L'avocate générale de la cour d'appel avait requis le rejet de la demande en invoquant un "risque de fuite" de l'accusé, voire de "représailles" de la part des familles des victimes.
Des faits d'une gravité exceptionnelle
Au terme d'un procès-fleuve de trois mois et demi, Frédéric Péchier a été reconnu coupable, le 18 décembre 2025, d'avoir, entre 2008 et 2017, empoisonné 30 patients âgés de 4 à 89 ans, dont 12 sont décédés. Il polluait des poches de perfusion dans le but de nuire à des confrères avec lesquels il était en conflit. La cour avait assorti la prison à perpétuité d'une période de sûreté de 22 ans.
Selon l'accusation, le praticien introduisait différents produits dans les poches de perfusion pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients opérés par d'autres médecins. Son objectif était "d'atteindre psychologiquement" des soignants avec lesquels il était en conflit et de "nourrir sa soif de puissance". Il intervenait parfois pour tenter de les réanimer et mettre en avant ses compétences.
Durant l'instruction, Frédéric Péchier avait nié ces accusations, mais au cours du procès, il a admis qu'un empoisonneur avait bien sévi dans l'une des deux cliniques privées où il avait travaillé, tout en répétant constamment que ce n'était pas lui.



