Décès de Reine Lafon, doyenne de Lacapelle-Biron et témoin de la rafle de 1944
Reine Lafon, doyenne et témoin de la rafle de 1944, s'éteint

La commune de Lacapelle-Biron en deuil après le décès de sa doyenne Reine Lafon

Vendredi 27 mars, les habitants de Lacapelle-Biron ont appris avec tristesse le décès de leur doyenne, Reine Lafon, à l'âge de 102 ans. Cette disparition marque la fin d'une vie riche et engagée, profondément ancrée dans l'histoire locale et les mémoires collectives.

Une vie entre Lacapelle-Biron et les souvenirs de la guerre

Née au lieu-dit Les Guignès, sur la commune de Blanquefort-sur-Briolance, non loin de Lacapelle-Biron, Reine Lafon a passé la majeure partie de son existence dans ce village. Avec sa mort, la commune perd non seulement sa doyenne, mais aussi l'une des dernières témoins directes de la rafle du 21 mai 1944, un événement tragique de la Seconde Guerre mondiale.

En effet, lors de cette rafle, son père, Hubert Chrétien, fut arrêté et déporté vers le camp de concentration de Dachau. Il en reviendra en 1945, marquant à jamais la famille et la mémoire de Reine. Ce chapitre douloureux de l'histoire a contribué à forger son caractère et son attachement à sa communauté.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un parcours familial et un engagement local remarquable

Reine Lafon a épousé Jeannot Lafon, un agent administratif de l'Éducation nationale, qu'elle a suivi lors de ses mutations professionnelles. Ensemble, ils ont élevé sept enfants avant de s'installer définitivement dans la « grande maison » familiale à Lacapelle-Biron, un lieu qui deviendra le cœur de leur vie.

Les Capelains se souviennent d'elle comme d'une femme investie et généreuse. Elle a assumé des responsabilités au sein de la paroisse locale, participant activement à la vie religieuse et associative du village. Son engagement s'étendait aussi à des moments plus légers, comme les fameuses parties de belote du lundi, suivies de goûters qu'elle préparait avec abondance et convivialité.

Un héritage mémoriel et communautaire

Ces dernières années, sa santé ne lui permettait plus de quitter son domicile, mais son esprit et son histoire restaient vivants dans les cœurs des habitants. Reine Lafon incarnait un lien précieux avec le passé, notamment à travers son témoignage sur la rafle de 1944, un événement clé pour comprendre les épreuves subies par la région pendant la guerre.

Sa disparition souligne l'importance de préserver la mémoire des anciens, qui portent en eux des récits essentiels pour les générations futures. La commune de Lacapelle-Biron rend hommage à cette figure locale, dont la vie a été marquée par la résilience, l'engagement et un profond attachement à son terroir.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale