Hommage à Quentin Deranque : rassemblements d'ultradroite autorisés à Lyon et Rennes
Rassemblements d'ultradroite autorisés à Lyon et Rennes

Des rassemblements d'ultradroite autorisés sous haute surveillance

Les autorités préfectorales ont donné leur feu vert à des rassemblements en hommage à Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale décédé suite à une agression, prévus ce samedi à Lyon et Rennes. Ces événements, qui suscitent de vives tensions politiques, seront encadrés par d'importants dispositifs de sécurité pour prévenir tout débordement.

Un dispositif policier massif déployé

À Lyon, plus de 500 membres des forces de l'ordre seront mobilisés pour sécuriser la marche de 1,4 kilomètre dans le 7e arrondissement. Le dispositif comprendra :

  • Deux escadrons de gendarmerie mobile
  • Quatre compagnies républicaines de sécurité (CRS)
  • Des moyens fluviaux et deux drones
  • Des effectifs locaux de la police nationale

À Rennes, 130 policiers et des drones seront déployés pour séparer le rassemblement hommage place de la République et la contre-manifestation antifasciste qui devra rester à distance.

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Les réactions politiques divisées

La décision d'autoriser ces rassemblements a provoqué des réactions contrastées dans la classe politique :

Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a demandé l'interdiction de la marche lyonnaise, la qualifiant de "véritable démonstration fasciste" et de "menace pour les habitants".

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé à ses cadres de ne pas participer aux rassemblements ni d'y associer le parti.

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a exprimé ses craintes d'une "logique de groupe" pouvant mener à "une forme de guerre civile" entre groupes d'ultragauche et d'ultradroite.

L'enquête judiciaire avance

Sur les sept jeunes hommes soupçonnés d'avoir frappé à mort Quentin Deranque, six ont été mis en examen pour homicide volontaire et placés en détention provisoire. Le septième a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de manifester et éloignement de Lyon.

Parmi les mis en examen figure Jacques-Elie Favrot, assistant du député LFI Raphaël Arnault, poursuivi pour complicité. Les suspects, âgés de 20 à 26 ans, sont pour la plupart des étudiants ou employés du privé, et trois déclarent être proches de la mouvance d'ultragauche.

Les craintes de troubles à l'ordre public

Les autorités redoutent particulièrement la présence de militants black bloc habitués aux dégradations et affrontements avec les forces de l'ordre, ainsi que celle de l'ultradroite de plus en plus virulente en Bretagne.

Nathalie Appéré, maire PS de Rennes candidate à sa réélection, a regretté "vivement" la décision préfectorale et exprimé ses "craintes très fortes de troubles à l'ordre public".

La famille de Quentin Deranque, par la voix de son avocat, a appelé au calme et souhaité que les participants respectent le "caractère pacifique" des rassemblements sans "aucune expression politique".

Un débat national sur les violences politiques

Dominique de Villepin a dénoncé "la symétrie des violences de la gauche et de la droite" et la "normalisation de l'extrême droite", mettant en garde contre la tentation de renvoyer dos à dos des radicalités de nature différente.

L'administration américaine a également réagi, avec la sous-secrétaire d'État Sarah Rogers dénonçant sur X la violence politique d'extrême gauche et affirmant que les États-Unis suivent "de près" cette affaire.

Ces événements interviennent dans un contexte de montée des violences politiques en France, avec un doublement des agressions et une multiplication par cinq des affrontements au cours de la dernière décennie.

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