Lyon se prépare à un rassemblement nationaliste européen d'envergure ce samedi
Rassemblement nationaliste à Lyon : 2 000 à 3 000 personnes attendues

Un appel à la mobilisation nationaliste européenne résonne à Lyon

« Tous nos amis Français et Européens sont invités à venir, ce sera l'un des plus gros rassemblements nationalistes depuis de nombreuses années. Allons reprendre la ville ! » Cette proclamation, diffusée en anglais avec un visuel « fourni par nos camarades lyonnais », émane de groupes structurants comme Memoria Natio et Ultras Not Red. Ces comptes, qui comptent chacun un peu plus de 10 000 abonnés, relayent activement des informations au sein de la sphère nationaliste, parfois ouvertement néo-nazie.

Une marche hommage qui inquiète les autorités et l'opposition

Sur différents réseaux sociaux, ces entités appellent les franges les plus radicales de l'extrême droite européenne à converger vers Lyon ce samedi. L'objectif affiché est de participer à une marche hommage dédiée à Quentin Deranque, un militant nationaliste tué à l'issue d'une bagarre avec des antifascistes. Le ministère de l'Intérieur a indiqué ce vendredi s'attendre à la présence de 2 000 à 3 000 personnes pour cette manifestation.

Le parcours de la marche a notamment été déposé par Aliette Espieux, ancienne porte-parole de la Marche pour la vie, un collectif farouchement opposé à l'avortement. De son côté, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a fermement appelé à l'interdiction de l'événement. Il a qualifié cette marche de « prévue pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues » et a estimé que « plus de 1 000 néonazis de toute l'Europe sont annoncés dans une volonté de vengeance mortifère ».

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Une démonstration de force coordonnée sur les réseaux sociaux

Cette convergence attendue de militants nationalistes à Lyon s'accompagne d'une démonstration de force numérique bien orchestrée. Des hommages à Quentin, souvent sous la forme de photos nocturnes rassemblant une petite dizaine de personnes vêtues de noir, se multiplient. Ces images, où l'on voit des banderoles « Quentin présent » aux côtés de drapeaux à fleur de lys ou à croix celtique, sont présentées comme étant relayées depuis Athènes, Kiev ou Chypre.

Les groupes français ne sont pas en reste. De Rouen à Nice, et de Brest à Tours, des photos de rassemblements tenus cette semaine circulent sur des boucles Telegram. Elles sont souvent accompagnées d'une même légende évocatrice : « Ses derniers mots sont ceux d'un héros : “On remettra ça les gars !” ». Un message difficile à interpréter autrement que comme une invitation à poursuivre l'action.

La majorité de ces groupes semblent laisser la porte ouverte à une présence à Lyon ce samedi, tout en organisant des rassemblements locaux dans leur ville d'origine la veille ou l'avant-veille. C'est le cas, par exemple, du groupe niçois Aquila popularis ou du groupe tourangeau Des Tours et des Lys.

Des consignes strictes et des craintes de débordements

En parallèle, des consignes précises pour la marche hommage circulent. Un visuel relayé par des « anti-antifa » de Genève stipule : « Si vous avez des tatouages à connotation politique, pensez à la couvrir. Pas de cagoule. Caches cous tolérés. Évitez les logos ou symboles liés à des groupes ou organisation du milieu ». L'objectif affiché est d'« incarner la droiture ».

Si, à l'image du défilé néo-nazi annuel organisé par le Comité du 9-mai – qui relaye les visuels sans appeler ouvertement à la mobilisation –, la marche de samedi pourrait se dérouler dans un calme relatif, les craintes de débordements « en marge » sont palpables. Ces appréhensions font écho aux événements survenus à Paris le 9 mai dernier, où un groupe s'en était pris à un local associatif en scandant « Paris est nazi ».

Cette inquiétude s'est notamment matérialisée par la diffusion d'un tract appelant à la prudence ce week-end à Lyon et à « s'organiser contre la manif néo-nazi ». Alors qu'il reste compliqué de prévoir l'étendue exacte de la mobilisation, Lyon se prépare à un samedi sous haute tension, scruté par les autorités et les observateurs politiques.

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