Un rassemblement d'ultradroite à Bordeaux en hommage à un militant décédé
Vendredi 20 février, le centre-ville de Bordeaux a été le théâtre d'une démonstration de force de l'ultradroite. Environ 150 personnes se sont rassemblées sur la place Gambetta, dans un événement soigneusement organisé qui a pris des allures de manifestation politique structurée.
Un hommage à Quentin Deranque
Ce rassemblement faisait suite au décès tragique de Quentin Deranque, militant nationaliste-révolutionnaire, survenu le 14 février à Lyon. Ce dernier a succombé à ses blessures après avoir été frappé lors d'affrontements violents entre groupuscules d'extrême droite et militants antifascistes. L'enquête est toujours en cours, avec six personnes déjà mises en examen pour homicide volontaire.
Parmi les poursuivis figure Jacques-Elie Favrot, assistant du député La France Insoumise Raphaël Arnault, accusé de complicité dans cette affaire qui secoue les milieux militants radicaux.
Symboles et organisation révélateurs
Le cortège bordelais était marqué par une banderole proclamant « Quentin présent », accompagnée d'une croix celtique. Ce symbole, selon un rapport de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), est utilisé par les mouvances néofascistes et l'extrême droite radicale pour signifier « la suprématie de la race blanche ».
L'organisation était militaire : « Mettez-vous en rang par quatre », ordonnait l'un des jeunes militants dirigeant le rassemblement. La marche silencieuse, encadrée par les forces de l'ordre, a été ponctuée par des slogans accusateurs dont « Antifas assassins, LFI complice ».
Les participants avaient reçu pour consigne de ne pas s'exprimer auprès des journalistes présents. Parmi eux, plusieurs éléments identifiés comme appartenant à la Bastide Bordelaise, un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le leader Yanis Iva a été condamné pour violences aggravées en 2022.
Déplacement vers le palais de justice
Le groupe s'est ensuite dirigé vers le palais de justice, où la banderole a été déployée devant l'entrée de l'École nationale de la magistrature. Certains militants ont pris des photos et vidéos de cette mise en scène, comme pour en faire un trophée symbolique à exhiber sur les réseaux sociaux.
Alignés devant le bâtiment judiciaire, les participants ont écouté un leader déclarer au mégaphone : « Un des nôtres est tombé mais nous tâcherons de lui faire honneur et de ne jamais abandonner ». La manifestation s'est finalement dispersée dans le calme, mais la tension est restée palpable dans la ville.
Incidents en marge du rassemblement
Des témoins ont rapporté une course-poursuite dans un tramway à la porte de Bourgogne, où un militant d'extrême droite aurait été poursuivi par des antifascistes. Cet incident illustre les tensions persistantes entre ces groupes antagonistes, même après la dispersion officielle du rassemblement.
Cet événement bordelais met en lumière la capacité de mobilisation et l'organisation croissante des mouvances d'ultradroite en France, ainsi que les tensions violentes qui opposent régulièrement ces groupes à leurs adversaires antifascistes.



