Mort violente d'un étudiant lyonnais engagé dans l'ultradroite
Quentin Deranque, un étudiant en mathématiques âgé de 23 ans, est décédé le 14 février des suites d'une violente agression perpétrée par des militants d'ultragauche à Lyon. Le jeune homme, connu pour son engagement au sein des milieux nationalistes lyonnais mais décrit par ses proches comme un militant non-violent, avait été frappé à coups de pied et de poings deux jours plus tôt alors qu'il assurait la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis. Celles-ci manifestaient contre la venue de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Un militant pacifique selon son entourage
L'avocat de la famille, Maître Fabien Rajon, a tenu à souligner le caractère pacifique de l'engagement de Quentin Deranque. « C'était un militant nationaliste qui a toujours défendu ses convictions de manière non-violente », a-t-il affirmé, précisant que le jeune homme prônait un militantisme pacifique et n'avait jamais été impliqué dans la moindre affaire judiciaire. Le parquet a confirmé l'absence d'antécédents. Mesurant 1,70 m pour 63 kg, « il n'était pas un gros bras d'extrême droite, ni un agent de sécurité ou un vigile », a insisté l'avocat.
Parcours militant dans la galaxie nationaliste lyonnaise
Originaire de la région de Vienne en Isère, Quentin Deranque résidait à Bourgoin-Jailleu avant de s'installer en colocation à Lyon pour suivre un BUT Sciences des données à l'Université Lyon 2. Son parcours militant l'a conduit à fréquenter diverses chapelles de l'extrême droite radicale :
- Il a été membre de la section locale de l'Action française à Vienne.
- Il a cofondé le groupe nationaliste révolutionnaire Allobroges Bourgoin.
- À Lyon, il s'était rapproché du groupe Audace, participant à des entraînements sportifs comme la boxe ou le footing.
Un porte-parole anonyme d'Audace a déclaré à l'AFP : « Il n'était ni violent ni agressif. S'il pouvait éviter l'affrontement, il l'évitait. » Le jeune homme, qui pratiquait aussi le tennis et la philosophie, était décrit comme très intellectuel et grand lecteur de presse.
Foi catholique traditionaliste et engagement social
Quentin Deranque, converti au catholicisme, fréquentait assidûment la paroisse traditionaliste Saint-Georges dans le 5ᵉ arrondissement de Lyon, où les offices sont célébrés en latin. L'abbé Laurent Spriet a confirmé qu'il venait habituellement à la messe tous les dimanches. Un paroissien de 53 ans, Thierry, a révélé que le jeune homme « était investi dans l'accueil Saint-Martin qui sert des soupes populaires aux plus pauvres ». Un autre fidèle a évoqué « quelqu'un de joyeux, qui avait envie de partager sa foi » récente, ayant même transmis cette foi à son père.
Circonstances tragiques de l'agression
C'est près de l'église Saint-Georges, quai Fulchiron, que les secours ont pris en charge Quentin Deranque après l'agression. Un ami présent sur les lieux a décrit à l'AFP son état alarmant : « Il n'arrivait plus à marcher, ses jambes le lâchaient, il tenait des propos peu cohérents, il articulait de moins en moins. » Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé à l'hôpital après deux jours de lutte. Une semaine après les faits, six hommes ont été mis en examen pour homicide volontaire et un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour complicité.
Hommage controversé et réactions
Une marche soutenue par l'ultradroite doit rendre hommage à Quentin Deranque samedi à Lyon, suscitant déjà des tensions dans la métropole. Ses parents, qui ne se sont exprimés que par l'intermédiaire de leur avocat, ont autorisé la diffusion d'une seule photo de leur fils, montrant un jeune homme souriant aux traits fins, yeux noirs et cheveux bruns. Cette tragédie met en lumière les violences entre groupes radicaux à Lyon et soulève des questions sur l'engagement militant et ses conséquences mortelles.



