Un trentenaire jugé pour viol incestueux sur sa belle-fille
Un homme d'une trentaine d'années, en détention provisoire depuis août 2024, comparaît devant la cour criminelle départementale de la Dordogne, réunie au tribunal de Périgueux. Il est accusé de viol incestueux aggravé sur un mineur, des faits qui se seraient déroulés sur plusieurs années, alors que la victime était âgée de 5 à 7 ans. La petite fille avait déjà dénoncé les faits en 2021, mais l'affaire avait été classée à la demande du couple, sous l'emprise psychologique de la mère.
La vidéo de l'enfant diffusée à l'audience
Mercredi 20 mai, la cour a visionné une vidéo de plus d'une heure, enregistrée dans un espace Mélanie, un lieu conçu pour recueillir la parole des jeunes victimes dans un cadre adapté. Sur un canapé rose, la fillette, munie d'une poupée sexuée, décrit avec une candeur troublante les gestes de son beau-père. Elle mime une fellation et indique les parties du corps touchées. Cette vidéo a profondément marqué l'assistance.
Un premier signalement en 2021
La mère de la victime a témoigné à la barre, expliquant qu'en novembre 2021, sa fille lui avait confié : « Il me force à mettre son zizi dans ma bouche. » Malgré un signalement aux forces de l'ordre, la mère, sous emprise psychologique, avait demandé l'arrêt de la procédure. « J'avais des doutes, il fallait qu'elle soit sûre », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle s'est constituée partie civile.
Une phrase qui a fait l'effet d'un uppercut
Dans la vidéo, la fillette, un coussin rose dans les bras, a lancé une phrase dévastatrice : « Quand on est allé voir la police, le lendemain, ça a recommencé. » Un expert psychiatre a souligné la violence de ne pas être cru, comparable à celle des faits eux-mêmes.
Des faits répétés et organisés
Les viols se déroulaient lors de la sieste ou après l'école, quand le beau-père profitait de l'absence des autres enfants pour imposer des fellations à la fillette. Le dernier incident a eu lieu en août 2024, chez un ami à Bergerac. L'accusé, qui devait s'occuper de la piscine, a exhibé son sexe et la fillette s'est agenouillée pour une fellation, recrachant le sperme dans un buisson. De retour chez son père, elle s'est confiée à sa belle-mère, déclenchant cette fois une procédure judiciaire irréversible.
Des aveux tardifs et minimisés
L'accusé, décrit comme un homme pudique mais bon vivant, a d'abord nié les faits en garde à vue. Sous la menace de prélèvements scientifiques, il a reconnu les fellations mais minimisé leur gravité. Interrogé sur d'éventuelles tentatives de pénétration, il a parlé de « frottements », suscitant l'agacement de la présidente : « Là, on n'est plus au stade de la honte. Il faut tout dire. » En fin de journée, il a fondu en larmes et demandé pardon à la victime. La présidente a salué cette reconnaissance : « Quand elle sera plus grande, elle pourra dire qu'on l'a enfin crue en 2024 et que tout ce qu'elle disait était vrai. »
Le verdict est attendu ce jeudi 21 mai. L'accusé encourt vingt ans de réclusion criminelle.



