Procès à Nîmes : le parquet dénonce un réseau mafieux de trafic de drogue
Procès à Nîmes : réseau mafieux de drogue démantelé

Un réseau mafieux de trafic de drogue devant la justice à Nîmes

Le procès de onze individus accusés de trafic de drogue se poursuit ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Nîmes, qui siège exceptionnellement dans la salle de la cour d'assises. Cette affaire, qui mobilise l'attention des autorités judiciaires, met en lumière un système organisé de revente de cocaïne et de cannabis ayant opéré entre 2023 et 2025.

Un système à deux canaux de distribution

Lors de la première journée d'audience, jeudi 26 février, le procureur a fermement dénoncé ce qu'il a qualifié de "système mafieux". Selon les accusations du parquet, le réseau écoulait la drogue via deux canaux principaux. D'une part, des épiceries servaient de points de vente dissimulés, utilisant la vente de produits alimentaires comme couverture. D'autre part, des livraisons à domicile étaient organisées sur commande, passée via des messageries cryptées ou l'application Snapchat.

Un climat d'intimidation et de menaces

Les débats se déroulent dans un climat pesant, marqué par une omerta évidente. Les prévenus se montrent peu loquaces, voire mutiques. Deux d'entre eux ont même reconnu avoir été la cible de menaces directes. L'un a rapporté qu'un incendie avait été déclenché à la porte de son logement, tandis qu'un autre a expliqué que des coups de feu avaient été tirés sur la porte d'un logement occupé par sa famille. Ces actes d'intimidation visent clairement à étouffer toute déclaration pouvant nuire aux cerveaux présumés du réseau.

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Onze prévenus aux rôles variés

Les onze individus mis en cause présentent des profils et des implications diversifiées. Le présumé chef de réseau, qui risque jusqu'à dix ans de prison, conteste vigoureusement son rôle de meneur. Il admet avoir servi de "gardeur" ou de "nourrice", mais nie être l'organisateur principal du trafic. Les autres prévenus reconnaissent des participations plus périphères, allant de simple livreur à locataire d'un appartement utilisé comme dépôt de drogue, se présentant parfois comme des "loueurs à l'insu de leur plein gré".

Un dossier d'enquête très étayé

Le tribunal doit désormais analyser des milliers de pages de procédure, compilées par la brigade des stupéfiants du commissariat de Nîmes. Le procureur Ughetto a salué le travail remarquable des enquêteurs, qui ont saisi des preuves tangibles : des armes, de la drogue pure à 100%, des dizaines de milliers d'euros en espèces, des emballages, des logos, et des conversations extraites de téléphones portables. Ces éléments constituent un dossier solide et détaillé.

La défense nuance les accusations

Malgré la force du dossier, les avocats de la défense, qui ont commencé leurs plaidoiries ce vendredi matin, apportent des nuances significatives. Ils minimisent le rôle réel de leurs clients, arguant de participations limitées dans le temps ou de méconnaissance des activités illicites. Parmi les défenseurs figurent certains des avocats pénalistes les plus réputés de Nîmes, dont Mes Elodie Ginot, Chehid Selmi, et Baptiste Scherrer, qui plaident pour une individualisation des responsabilités.

Le verdict, attendu après l'examen minutieux des preuves et des arguments de part et d'autre, déterminera l'issue de cette affaire complexe, révélatrice des défis posés par le trafic de drogue organisé en région Occitanie.

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