« Cette association de malfaiteurs se place au plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître », a déclaré l'avocat général pour justifier sa demande de condamnation de Nicolas Sarkozy. AFP/Thomas Samson
« Cette affaire a largement participé à dégrader le pacte social ». En préambule d’un réquisitoire prévu sur trois jours, Rodolphe Juy-Birmann plante le décor, ce lundi, au procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. « Aucune course à l’élection ne justifie de compromission », ajoute le magistrat au soutien d’une accusation nourrie par « des preuves directes et indirectes, et des raisonnements par déduction et induction », en tout cas « loin de la petite musique du complot fomenté par l’institution judiciaire ou du dossier vide ».
Sobre sur la forme mais acéré sur le fond, son collègue Damien Brunet s’attaque en premier lieu à l’association de malfaiteurs, « la matrice opérationnelle du projet délictuel ». Cette infraction dont « la finalité ultime » était, à ses yeux, le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy a valu à l’ancien président de la République une condamnation à cinq ans de prison ferme en première instance.
L’avocat général a dépeint Nicolas Sarkozy comme « l’instigateur » de cette entente criminelle, soulignant son rôle actif dans l’organisation ayant pour but ultime le financement de sa campagne présidentielle de 2007. Il a également insisté sur la gravité des faits, estimant qu’ils portent atteinte aux fondements de la démocratie. Le réquisitoire doit se poursuivre sur deux autres jours, avec des réquisitions attendues contre les autres prévenus.



