Procès Guglielmino : la famille de Rianne Kroeun témoigne
Procès Guglielmino : famille de Rianne Kroeun témoigne

Procès Guglielmino : la famille de Rianne Kroeun témoigne du vide laissé par sa mort

Au deuxième jour du procès de Cyril Guglielmino, accusé d’avoir mortellement poignardé sa compagne Rianne Kroeun à 42 reprises dans la nuit du 9 au 10 août 2022, la famille de la victime a témoigné du vide abyssal consécutif au décès de la jeune femme. Tuée lors d’un épisode particulièrement violent, Rianne Kroeun était une jeune femme de 22 ans, décrite comme joyeuse et souriante. Sa mère a exprimé sa douleur : « Perdre ma fille est la plus grosse souffrance de ma vie, je ne le souhaite à personne. »

Les derniers messages et les craintes de la famille

En milieu de soirée, le 9 août 2022, Rianne Kroeun poste un message dans le groupe WhatsApp partagé avec sa mère et sa tante. Elle leur indique la découverte, par son compagnon Cyril Guglielmino, d’une relation sentimentale nouée avec l’un de leurs collègues de travail, au Stelsia de Saint-Sylvestre. Le couple, en cours de séparation, a programmé une conversation au retour du cuisinier chez eux. Les parentes de Rianne Kroeun, résidant dans les Bouches-du-Rhône, multiplient les conseils : prévenir quelqu’un qui puisse intervenir en cas d’urgence, mettre le numéro de police prêt à être appelé, enregistrer discrètement leur conversation avec un dictaphone, partager sa localisation en temps réel. Le dernier message du groupe, posté à 00h17 par Rianne, indique : « On a discuté, tout va bien, enfin presque. »

La brutalité de la scène de crime

La brutalité de la scène de crime s’affiche sur les écrans de la cour d’assises de Lot-et-Garonne. Les photos de l’appartement villeneuvois montrent des traces, projections et traînées de sang menant du couloir au salon, de la chambre à la fenêtre par laquelle l’accusé s’est défenestré. Un couteau noir de 30 centimètres, dont 18 de lame maculée de rouge, est découvert entre la porte et le lit où gît la victime, son débardeur lacéré, sa tête voisinant une peluche éléphant bleu, dans une discordance sidérante. Le médecin légiste indique que la cause du décès résulte d’insuffisances respiratoire et circulaire aiguës, et dénombre 42 plaies par arme blanche, dont 13 ayant atteint les organes. « Celles dans le dos sont caractéristiques d’une victime immobile, soit parce qu’elle est maintenue, soit inconsciente. On peut supposer que les premiers coups ont été portés au niveau du thorax et sont à l’origine de la mort », précise-t-il.

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L’accusé et ses déclarations

Cyril Guglielmino, 29 ans, affirme ne se souvenir de rien : « Ce soir-là, je me dirige vers la cuisine pour me faire à manger, j’ouvre le tiroir. Je ne sais pas si c’est la vue du couteau, tout s’entremêle dans ma tête et c’est le trou noir. Je ne me souviens de rien. Quand je me lève, il y a du sang partout. Je suis paniqué, la seule lumière venait de l’extérieur, j’ai sauté par la fenêtre, j’ai voulu m’enfuir quoi qu’il en coûtait. » Il réfute avec force répétitive toute violence antérieure commise sur sa compagne, en dépit de témoignages contraires. Deux anciens collègues ont rapporté l’avoir entendu dire, dix jours avant le meurtre, que si sa femme le trompait, « il la planterait avant de se foutre en l’air ». « Je n’ai pas de justification à ce qu’il s’est passé, cela n’aurait jamais dû arriver. Par colère, humiliation, je ne pense pas en arriver là. Bien sûr que je culpabilise, tous les soirs, tous les matins, je me demande ce qu’il s’est passé. Même si elle voulait me quitter, je l’aimais », déclare-t-il.

La peine encourue

Le verdict est attendu ce mercredi. Cyril Guglielmino encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité. La famille de Rianne Kroeun espère que justice sera rendue pour celle qu’ils décrivent comme « leur petite fée », devenue un féminicide.

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