Un accident tragique survenu dans des conditions optimales
Le samedi 22 octobre 2022, vers 13 h 30, un coursier au volant d'un utilitaire a percuté un groupe de jeunes piétons marchant sur le bord de la route départementale 1, entre Le Gua et Saujon. Malgré une météo clémente, une visibilité excellente et une ligne droite dégagée, l'accident a coûté la vie à deux garçons, Mario Simon-Mondin, âgé de 20 ans, et Thom Drillaud, âgé de 15 ans.
Des conséquences dramatiques et un procès émouvant
Le véhicule, roulant à 74 km/h, a projeté les victimes à plus de vingt mètres. Mario est décédé sur le coup, tandis que Thom a succombé à ses blessures une heure et quinze minutes plus tard, durant son transport en hélicoptère vers l'hôpital. Ce jeudi 19 février, le conducteur, âgé de 32 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de La Rochelle pour homicides involontaires.
Lors de l'audience, le prévenu a expliqué qu'il utilisait le régulateur de vitesse et s'était déporté pour dépasser le groupe, mais a dû se rabattre brusquement face à un véhicule arrivant en sens inverse. « Tout s'est passé si vite… Je n'ai pas voulu l'accident », a-t-il déclaré, précisant qu'il ne conduisait pas sous l'emprise de substances et ne manipulait pas son téléphone.
Des familles dévastées et des témoignages poignants
Les proches des victimes, toujours inconsolables, ont exprimé leur douleur à la barre. La sœur de Thom a raconté en pleurs son arrivée sur les lieux, où elle a tenté de porter secours. Le père de Mario, orphelin de mère depuis l'âge de 7 ans, a souligné son chagrin : « C'était mon fils unique, il me manque beaucoup. Je ne peux pas pardonner, ça aurait pu être évité ».
Des automobilistes ont témoigné que le groupe de piétons, composé des deux garçons et de leurs compagnes, marchait dos à la circulation sur cette route sans trottoir, en chahutant. Certains conducteurs avaient dû faire des écarts ou klaxonner pour les éviter.
Défense et réquisitions lors du procès
L'avocat du coursier, Me Marc Makpawo, a défendu son client en arguant qu'il avait évité un danger imminent en se rabattant, plutôt que de percuter le véhicule arrivant en face. Cependant, le Ministère public a mis en avant l'imprudence du conducteur, notant qu'il ne lui restait que trois points sur son permis en raison de multiples excès de vitesse, et qu'il conduisait avec sa ceinture mal attachée dans un contexte de course à la livraison.
Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis simple, ainsi que l'annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser avant un an. Sans emploi depuis l'accident et en proie à une dépression, le prévenu, jugé très fragile, connaîtra sa sentence le 19 mars, date à laquelle la décision a été mise en délibéré.



