Un procès poignant à Bergerac pour un accident mortel
Ce mardi 21 avril, le tribunal de Bergerac a jugé le chauffeur d'un poids lourd impliqué dans un choc frontal violent qui a coûté la vie à un automobiliste de 39 ans, le 4 avril 2023. La famille de la victime, dévastée mais unie, a assisté à l'audience, venue de toute la France pour tenter de comprendre et de faire son deuil.
Les faits : un conducteur fatigué et un drame irréparable
Les faits sont simples et reconnus par le prévenu, un homme de 35 ans au casier judiciaire vierge. Ce jour-là, il rentrait d'une tournée au volant d'un camion frigorifique pour l'usine de volailles Blason d'or de Bergerac. Il n'avait pas consommé d'alcool ou de stupéfiants, mais était très fatigué, s'étant arrêté plusieurs fois pour se reposer. En traversant la commune des Lèches sur la D 709, il s'est vraisemblablement assoupi, son véhicule de 15 tonnes se déportant sur la voie de gauche et percutant de plein fouet la Peugeot 308 de la victime.
Le témoignage déchirant de la famille
Lors de l'audience, quatre proches de la victime se sont levés tour à tour pour lire leur texte, retenant leurs larmes. Ils ont décrit l'homme comme un « pilier » de la famille, passionné de foot, de surf et de cinéma, et ont exposé le « vide permanent » laissé par sa mort. Ils ont raconté les photos affichées dans chaque pièce de la maison familiale et l'impossibilité de lui dire adieu une dernière fois, son corps étant trop abîmé. « Depuis, j'ai une peur constante de perdre les gens que j'aime », a confié le neveu de la victime.
Une recherche de pardon et de responsabilité
La famille n'a pas réclamé vengeance, reconnaissant que le prévenu a aussi vécu trois années difficiles. « Nous avons aussi prié pour vous », ont-ils déclaré, attendant une demande de pardon et une reconnaissance de responsabilité pour essayer de tourner la page. Leur avocate a pointé « une négligence qui tue » de la part du chauffeur.
Le repentir du prévenu et les réquisitions
Le prévenu a présenté ses condoléances et demandé pardon, expliquant qu'il ne connaissait même pas le nom de la victime avant l'audience. Il a sombré dans la dépression, perdu son permis, son emploi et sa femme, vivant désormais chez ses parents et suivant une formation pour se reconvertir. Le procureur Gaël Bellet a requis deux ans de prison avec sursis simple et une interdiction définitive d'exercer l'activité de chauffeur routier. La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 16 juin à 13 h 30.



