Procès Athanor : francs-maçons et ex-agents jugés pour barbouzeries criminelles
Procès Athanor : francs-maçons jugés pour crimes organisés

Le procès Athanor s'ouvre à Paris pour trois mois et demi d'audiences

Un procès exceptionnel par son ampleur et la nature des accusations débute ce lundi 30 mars 2026 devant la cour d'assises de Paris. Vingt-deux hommes, membres d'une loge maçonnique des Hauts-de-Seine dissoute depuis, vont être jugés pendant trois mois et demi pour une multitude de faits criminels allant jusqu'à l'assassinat. L'affaire, baptisée "Athanor" du nom de cette loge, révèle un système sophistiqué de barbouzeries tarifées où des chefs d'entreprise commanditaient des éliminations de concurrents.

Un réseau criminel aux ramifications inquiétantes

Les investigations, débutées le 24 juillet 2020 après l'échec de l'assassinat de Marie-Hélène Dini, ont mis au jour un réseau criminel organisé. Ce réseau est notamment soupçonné du meurtre du pilote automobile Laurent Pasquali en novembre 2018 et d'un projet visant le syndicaliste Hassan Touzani. Les enquêteurs ont découvert un système où des intermédiaires, dont un ancien agent de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue DGSI), recrutaient des exécutants persuadés d'agir pour le compte de l'État français.

Des protagonistes aux profils surprenants

Parmi les accusés figurent Jean-Luc Bagur, 69 ans, collectionneur d'armes et ancien "vénérable maître" de la loge Athanor installée à Puteaux. Il est accusé d'avoir commandité, pour "70 000 euros hors taxes", l'élimination de sa concurrente Marie-Hélène Dini. Frédéric Vaglio, 53 ans, entrepreneur, serait l'intermédiaire entre commanditaires et exécutants. Daniel Beaulieu, 72 ans, ancien agent de la DCRI reconverti dans l'intelligence économique, est présenté comme le donneur d'ordres intermédiaire.

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Ces individus, selon l'enquête, menaient des vies parfaitement cloisonnées tout en organisant des barbouzeries en tous genres : agressions, vols, incendies volontaires, dépôt de rats morts, jusqu'à l'assassinat. Sébastien Leroy, bras armé de Daniel Beaulieu, a admis être l'exécutant de la plupart des crimes, expliquant avoir été "progressivement manipulé" par ce dernier qui lui avait proposé de devenir "informateur pour le renseignement intérieur".

Des crimes qui s'intensifient

Les "missions" du réseau, selon les enquêteurs, ont connu une escalade inquiétante. Après des délits mineurs, le groupe a commis l'assassinat de Laurent Pasquali pour un recouvrement de dettes, décrit comme une "bavure" par Daniel Beaulieu. L'échec de l'assassinat de Marie-Hélène Dini a mis un terme à un autre projet : l'élimination du syndicaliste Hassan Touzani, jugé "gênant" par ses employeurs.

Des accusés habités par "un sentiment de toute-puissance"

Me Dylan Slama, l'avocat d'Hassan Touzani, analyse que les membres d'Athanor étaient "habités par un sentiment de toute-puissance". Me Jean-William Vezinet, avocat de Marie-Hélène Dini, souligne le caractère terrifiant de cette affaire : "les protagonistes – policiers, ex-DGSI, francs-maçons – sont précisément des gens censés agir pour le bien de la société".

Le procès s'annonce complexe, d'autant que Daniel Beaulieu, après une tentative de suicide en détention, présente "une capacité de concentration atteinte" selon son avocat. Sébastien Leroy, quant à lui, a choisi de collaborer avec la justice depuis cinq ans et poursuivra cette démarche lors de l'audience.

Vingt-deux hommes, dont des militaires des services extérieurs, un ancien policier du renseignement intérieur et des chefs d'entreprise, encourent la réclusion à perpétuité pour avoir fomenté ce pacte criminel. Le procès Athanor promet de révéler les mécanismes troublants d'un réseau où crime organisé et institutions se sont tragiquement entremêlés.

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