Prison de la Santé : des surveillants dénoncent des conditions de travail apocalyptiques
Prison de la Santé : conditions de travail apocalyptiques

Une situation apocalyptique à la prison de la Santé

Des surveillants pénitentiaires de la prison de la Santé, située dans le 14e arrondissement de Paris, ont dénoncé ce mercredi leurs conditions de travail qu'ils qualifient d'apocalyptiques. Dans un communiqué, le syndicat UFAP-UNSA Justice décrit un établissement en proie à une surpopulation chronique, des violences quotidiennes et un manque criant de moyens humains et matériels.

Surpopulation et violences

Selon le syndicat, la prison de la Santé, qui compte 800 places, accueille actuellement près de 1 200 détenus, soit un taux d'occupation de 150 %. Cette promiscuité génère des tensions permanentes entre les détenus, mais aussi entre les détenus et le personnel pénitentiaire. Les surveillants rapportent des agressions verbales et physiques quasi quotidiennes, avec des jets d'objets, des menaces et même des tentatives d'évasion.

Un surveillant, qui a requis l'anonymat, témoigne : "On travaille dans une ambiance de guerre. Chaque jour, on craint pour notre vie. Les détenus sont entassés, certains dorment sur des matelas à même le sol. Les tensions sont extrêmes."

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Manque de moyens

Le syndicat dénonce également un manque de moyens humains et matériels. Les effectifs sont insuffisants pour assurer la sécurité et la surveillance dans des conditions acceptables. Les agents doivent souvent travailler seuls dans des coursives ou des quartiers de détention, sans équipement de protection adapté. De plus, les infrastructures sont vétustes : les cellules sont délabrées, les systèmes de vidéosurveillance défaillants et les portes de sécurité parfois bloquées.

L'UFAP-UNSA Justice réclame des mesures d'urgence : le recrutement de 50 surveillants supplémentaires, la rénovation des locaux et la mise en place d'un plan de sécurité renforcé. Le syndicat menace de déposer un préavis de grève si ses revendications ne sont pas entendues.

Réactions de l'administration

Contactée, l'administration pénitentiaire reconnaît des difficultés, mais assure que des mesures sont en cours. Elle évoque un plan de rénovation de la prison de la Santé, avec un budget de 10 millions d'euros, et le recrutement de 30 agents supplémentaires d'ici la fin de l'année. Cependant, pour les syndicats, ces mesures sont insuffisantes face à l'urgence de la situation.

La prison de la Santé, l'une des plus anciennes de France, est régulièrement pointée du doigt pour ses conditions de détention. En 2023, la Cour européenne des droits de l'homme avait condamné la France pour traitement inhumain et dégradant en raison de la surpopulation carcérale.

Un problème national

Cette situation n'est pas isolée. La France compte plus de 78 000 détenus pour environ 61 000 places, soit un taux d'occupation moyen de 128 %. Les prisons françaises sont parmi les plus surpeuplées d'Europe, avec des conséquences graves sur les conditions de travail des personnels et les droits des détenus. Les surveillants pénitentiaires, en première ligne, dénoncent régulièrement un manque de reconnaissance et de moyens.

Pour l'UFAP-UNSA Justice, la situation à la prison de la Santé est le symbole d'un système pénitentiaire à bout de souffle. Le syndicat appelle le gouvernement à prendre des mesures structurelles, notamment la construction de nouvelles prisons et le développement de peines alternatives à l'incarcération.

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