Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé la relaxe d'un ancien animateur de l'école maternelle Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement, poursuivi pour agressions sexuelles sur plusieurs enfants âgés de 3 à 6 ans. Les faits, qui se seraient déroulés entre 2018 et 2020 dans le cadre des activités périscolaires, avaient conduit à l'ouverture d'une enquête après le signalement de parents inquiets.
Des accusations multiples mais des preuves jugées insuffisantes
L'homme, âgé de 34 ans au moment des faits, était mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité. Selon l'accusation, il aurait profité de sa position d'animateur pour commettre des actes à caractère sexuel sur au moins six enfants, notamment lors des temps de sieste ou d'activités calmes. Les parents avaient déposé plainte après que leurs enfants avaient rapporté des gestes déplacés.
Lors de l'audience, tenue en juin 2026, la défense a plaidé l'absence de preuves matérielles et la fragilité des témoignages d'enfants en bas âge. L'avocat du prévenu a souligné que les déclarations des enfants étaient contradictoires et que l'enquête n'avait pas permis de recueillir d'éléments objectifs, comme des vidéos ou des témoignages d'adultes. Le tribunal a suivi cet argument, estimant que les charges n'étaient pas suffisamment étayées pour une condamnation.
Une décision qui suscite l'émoi chez les parents
La relaxe a provoqué une vive réaction parmi les familles des victimes présumées. « C'est une injustice totale, a déclaré la mère d'une des fillettes, sous couvert d'anonymat. Mon enfant a décrit des gestes très précis, et on nous dit que ce n'est pas assez. » Un collectif de parents a annoncé son intention de faire appel de la décision, dénonçant un système judiciaire qui ne protège pas assez les enfants.
De son côté, la mairie de Paris, qui gère les activités périscolaires, a indiqué avoir suspendu l'animateur dès les premières accusations et avoir renforcé les procédures de surveillance. « Nous avons mis en place un protocole strict de signalement et de formation du personnel, a précisé l'adjointe à l'éducation. Mais nous respectons la décision de justice. »
Un contexte judiciaire complexe
Cette affaire s'inscrit dans une série de procès pour violences sexuelles en milieu scolaire qui ont ébranlé l'institution. Selon une étude du ministère de l'Éducation nationale, 1,2 % des signalements pour violences sexuelles concernent des personnels périscolaires. Les associations de défense des droits de l'enfant réclament depuis des années un durcissement des sanctions et une meilleure formation des magistrats aux spécificités de la parole de l'enfant.
Le parquet de Paris n'a pas encore indiqué s'il ferait appel de la relaxe. En attendant, l'ex-animateur, qui a toujours nié les faits, reste libre. Son avocat a salué « une décision juste qui rappelle que la présomption d'innocence doit primer ». Mais pour les parents, le traumatisme demeure.



