Le lundi 11 mai 2026, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, s'est rendu à l'école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, pour une rencontre de près de trois heures avec les parents d'élèves. Cette école est au cœur d'un scandale de violences sexuelles et physiques, avec une trentaine de plaintes déposées. Les familles, dans un communiqué transmis au Parisien, saluent un « geste inédit » qui « marque une étape ».
Des excuses et une reconnaissance des faits
Pour la première fois, un élu de la République s'est déplacé dans l'établissement, a reconnu la gravité de la situation et a présenté des excuses, soulignent les parents. Ils insistent sur le fait que leurs témoignages ne relèvent ni de l'exagération ni d'une perception erronée : des faits graves et inacceptables se sont bien déroulés dans cette école.
Une enquête révélatrice
En janvier 2026, une enquête de l'émission « Cash Investigation » sur France 2 avait mis en lumière de nombreux faits de violences et d'agressions sexuelles. Une séquence montrait notamment une animatrice embrassant un élève sur la bouche. Depuis, l'école est visée par une trentaine de plaintes pour viols, agressions sexuelles et violences physiques et verbales.
Une mère de famille confie au Parisien : « Notre vie est foutue, la vie de nos enfants est foutue ». Les témoignages des parents, relayés dans le communiqué, mettent en lumière de nombreux dysfonctionnements, tant au niveau de la Ville de Paris que judiciaire.
Des auditions traumatisantes pour les enfants
La prise en charge des enfants lors des auditions avec la Brigade de la protection des mineurs est critiquée. Les parents décrivent des examens médico-légaux vécus comme très intrusifs, même pour des enfants très jeunes. Un parent rapporte : « On a demandé à notre enfant de trois ans de se mettre en position gynécologique ».
Les familles se sont retrouvées isolées, confrontées à des démarches psychologiques, médicales et judiciaires sans soutien adapté. Un témoin explique : « On nous renvoie vers des solutions, mais concrètement, on doit se débrouiller nous-même ».
Des demandes de transparence
Les parents réclament aujourd'hui de la transparence. « On ne sait rien. On ne sait pas combien d'animateurs sont concernés, ni ce qu'il s'est réellement passé », déplore l'un d'eux. « On navigue dans le flou total », conclut un autre. Les familles attendent désormais des actes concrets pour protéger les enfants et garantir que de telles situations ne se reproduisent plus.
Des mesures annoncées par la mairie
Lors de la réunion, la Direction des affaires scolaires a communiqué la répartition des 12 suspensions au sein de l'établissement : cinq pour des suspicions de violences ordinaires et éducatives, et sept pour des suspicions d'agressions et violences sexuelles. Une nouvelle réunion avec les familles et le maire est prévue avant la fin juin.
Emmanuel Grégoire s'est engagé à mettre en place un conseil du périscolaire dans l'école dans quinze jours. Un audit externe a été lancé par la Ville, et le rapport de l'Inspection générale de la Ville devrait être remis avant les vacances scolaires.



