Une nouvelle plainte déposée à l'approche des élections municipales
À quelques semaines des élections municipales, l'ancienne majorité de Pouillon a déposé plainte contre une ancienne employée communale. Cette dernière est accusée d'avoir détourné au minimum 11 000 euros de recettes provenant de la location de gîtes municipaux. Cette affaire intervient dans une commune qui aspirait à retrouver son calme après six années de conflits judiciaires liés à l'ancien maire, Patrick Vilhem, reconnu coupable d'agression et de harcèlement sexuel envers des employées municipales.
Une plainte qui cible une victime de l'ancien maire
Le 24 février 2026, la majorité municipale ayant succédé à Patrick Vilhem après sa condamnation s'est portée partie civile pour des faits de détournement de fonds par un dépositaire public. Cette plainte a été déposée auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal judiciaire de Dax. Elle fait suite à une première plainte classée sans suite en septembre 2025 par le procureur de Dax.
L'enveloppe de 3 671 euros au cœur de l'affaire
L'employée municipale concernée, embauchée dans les années 1980 et régisseuse des gîtes du lac de Luc depuis 2011, avait exercé son droit de retrait en décembre 2022. Elle estimait alors être en danger psychologique face aux agissements de l'exécutif municipal. Elle ne reviendra jamais à son poste et sera révoquée par la mairie en janvier 2023 après un arrêt de travail.
En avril 2023, une nouvelle régisseuse découvre des anomalies comptables : aucun règlement en espèces n'a été encaissé. Après investigation auprès des clients des années 2019 à 2022, elle confirme que certains paiements ont bien été effectués en espèces. La mairie constate alors un manque de 3 671 euros et engage une procédure disciplinaire.
La défense de l'ancienne employée
Dès avril 2024, l'ancienne régisseuse reconnaît être en possession des 3 671 euros manquants. Selon son avocat, Me Frédéric Lonné, l'argent se trouvait dans une enveloppe insérée dans une chemise contenant ses effets personnels, emportée dans la précipitation le jour de son droit de retrait. « Ma cliente était dans une grande détresse psychologique. Ce n'est pas improbable qu'elle ait emporté chez elle cette enveloppe en oubliant qu'elle contenait les recettes des gîtes en espèces », explique-t-il.
Les conclusions de l'enquête initiale
Malgré cette explication, l'enquête de la brigade de recherches de la gendarmerie de Dax a relevé des incohérences dans le discours et les agissements de l'employée. Le rapport conclut à l'existence de raisons plausibles de présumer qu'une soustraction ou détournement de biens d'un dépôt public a été commis.
Pourtant, le procureur de Dax a classé la plainte sans suite, estimant que l'infraction était insuffisamment caractérisée. Il a notamment souligné que « le circuit de dépôt des fonds prévu par la mairie semble insuffisamment sécurisé et accessible à plusieurs personnes ».
Une sanction disciplinaire symbolique
L'ancienne régisseuse a tout de même écopé d'une sanction symbolique de trois jours de suspension avec sursis prononcée par la chambre disciplinaire. Cette mesure est jugée insuffisante par l'ancienne municipalité, qui justifie sa nouvelle plainte par la « persistance de nombreuses zones d'ombre » dans cette affaire.
Les nouveaux éléments avancés par la mairie
La commune affirme avoir procédé à de nouvelles vérifications depuis les premières investigations. Elle avance désormais une somme manquante de 11 094 euros pour la seule période 2019-2022, et évoque même un montant pouvant atteindre 26 420 euros. La nouvelle régisseuse a également signalé la disparition soudaine d'un carton contenant les contrats et cahiers de locations hors saison.
Les réactions des parties
Pour Me Lonné, cette nouvelle plainte constitue « un contre-feu pour détourner l'attention ». « Nous avons poursuivi la mairie pour révocation abusive. Cette plainte s'apparente à du harcèlement contre une victime reconnue de l'ancien maire », affirme-t-il.
L'avocate de la mairie, Me Élise Michel-Tastet, répond : « Ce n'est pas parce que cette personne est une victime de l'ancien maire qu'elle n'est pas coupable d'une autre infraction. La commune a très certainement perdu une somme importante, tout ce que l'on demande, c'est qu'une enquête puisse faire toute la lumière ».
L'incertitude quant à la suite de la procédure
Si la plainte a été enregistrée, elle n'a pas encore été consignée par la mairie. Philippe Durosoy, élu maire le 15 mars 2026, déclare : « Nous attendons d'étudier la plainte en question avant d'envisager une poursuite ». En cas de consignation, le juge d'instruction pourra ouvrir une information judiciaire et lancer de nouvelles investigations.



