Planning familial de Gironde menacé de fermeture sans subvention ARS
Planning familial Gironde menacé sans subvention ARS

Le Planning familial de Gironde, qui accompagne chaque année environ 12 000 personnes, est menacé de disparition à la fin de l'année 2026 en raison du refus de l'Agence régionale de santé (ARS) de renouveler sa subvention. L'association, qui emploie 25 salariés et compte une centaine de bénévoles, a lancé un appel d'urgence aux pouvoirs publics pour obtenir un financement de 200 000 euros.

Une subvention non renouvelée

Depuis 2019, le Planning familial de Gironde bénéficiait d'une subvention annuelle de 200 000 euros de l'ARS, qui arrivait à échéance en 2025. En mars 2026, l'agence a informé l'association qu'elle ne renouvellerait pas cette aide pour 2027, invoquant des contraintes budgétaires. Cette décision plonge la structure dans une situation critique, alors qu'elle assure des missions essentielles d'éducation à la sexualité, de contraception et d'accès aux soins.

Des services essentiels menacés

Le Planning familial de Gironde intervient dans 80 communes du département, notamment auprès des jeunes, des femmes en situation de précarité et des personnes victimes de violences. Il propose des consultations gratuites et anonymes, ainsi que des ateliers dans les collèges et lycées. "Sans cette subvention, nous ne pourrons pas maintenir nos activités au-delà de décembre 2026", alerte la présidente de l'association, Marie Dupont. "Nous risquons de fermer nos portes, ce qui serait un désastre pour des milliers de personnes qui n'ont pas d'autre recours."

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Un appel aux élus locaux

Face à cette menace, le Planning familial a lancé une pétition qui a recueilli plus de 5 000 signatures en une semaine. L'association a également interpellé les élus locaux, dont le maire de Bordeaux et le président du Conseil départemental de la Gironde. "Nous demandons à l'ARS de revenir sur sa décision et de trouver une solution de financement pérenne", insiste Marie Dupont. Le député de la Gironde, Jean Martin, a promis de saisir le ministre de la Santé sur ce dossier.

Une situation qui reflète un problème national

Le Planning familial de Gironde n'est pas un cas isolé. Selon la Fédération nationale du Planning familial, plusieurs associations locales sont confrontées à des difficultés de financement similaires. "La santé sexuelle et reproductive est pourtant une priorité de santé publique", rappelle la fédération. "Ces structures sont indispensables pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et les violences." En Gironde, les besoins sont particulièrement importants : le département enregistre chaque année plus de 1 000 interruptions volontaires de grossesse chez les mineures, un chiffre en hausse.

Une mobilisation citoyenne

Pour tenter de sauver l'association, une collecte de fonds en ligne a été lancée. À ce jour, plus de 30 000 euros ont été récoltés, mais cela reste insuffisant pour couvrir les besoins annuels. "Nous sommes touchés par la solidarité, mais cela ne remplace pas une subvention publique", explique la trésorière de l'association, Sophie Lefèvre. "Nous avons besoin d'un engagement fort de l'État pour garantir la continuité de nos services."

Les conséquences d'une fermeture

Si le Planning familial de Gironde venait à fermer, ce seraient des milliers de personnes qui perdraient l'accès à des consultations gratuites et à des informations fiables sur la sexualité. Les centres de planification des hôpitaux, déjà saturés, ne pourraient pas absorber cette demande supplémentaire. "Ce serait un retour en arrière inacceptable", dénonce Marie Dupont. "Nous avons plus que jamais besoin de ces lieux d'écoute et de prévention."

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