Le mystère du piratage télévisé britannique de 1977
Que faisiez-vous le 26 novembre 1977 à 17h10 ? En Grande-Bretagne, de nombreux téléspectateurs regardaient tranquillement la télévision lorsque soudain, une voix robotique interrompit leur programme. Comme le rappelle un post X vu par près de 700 000 internautes, le « pirate » se présenta comme « un être extraterrestre nommé “Vrillon” », représentant du « Commandement galactique Ashtar ». Il lança alors « un avertissement à l’humanité », l’exhortant « à cesser les combats » et « à vivre en harmonie ». Selon ce message, si l’humanité choisissait la bonne voie, elle verrait l’avènement d’un « Nouvel Âge du Verseau » rempli d’amour, de paix et de sagesse.
Une affaire qui divise encore les esprits
Cette histoire continue de susciter des débats passionnés sur les réseaux sociaux. En tête des commentaires, l’influenceur complotiste Silvano Trotta affirme : « Oui cette affaire est vraie et n’a jamais été résolue… » Si de nombreux internautes dénoncent un canular évident, d’autres défendent ardemment la thèse ufologique. Mais que disent les faits ?
Les éléments vérifiés de l’affaire
Cette interruption des programmes a-t-elle bien eu lieu ? Oui, absolument. Elle a même été enregistrée et vous pouvez la visionner sur YouTube ou en lire la transcription détaillée sur Wikipédia. Cependant, il est crucial de noter que ce n’était probablement pas une intervention extraterrestre authentique.
Certes, les auteurs de ce piratage n’ont jamais été formellement identifiés, mais cet incident n’est pas isolé dans l’histoire des médias. En novembre 1987, à Chicago, un épisode de Doctor Who fut interrompu par une séquence hallucinante dont les auteurs restent également inconnus. Un an plus tôt, sur la côte est des États-Unis, la chaîne câblée HBO avait fait l’objet d’un piratage dénonçant… l’augmentation de ses tarifs. Dans ce dernier cas, le coupable fut finalement appréhendé par les autorités.
Les indices qui pointent vers un canular humain
Pour ceux qui doutent encore, l’application du rasoir d’Occam – qui conseille de privilégier les hypothèses simples aux hypothèses inutilement compliquées – s’impose. De fait, les arguments en faveur du canular sont nombreux et convaincants :
- Des précédents humains : D’autres piratages télévisés similaires ont eu lieu, dont l’origine humaine est incontestable et documentée.
- Des références culturelles terrestres : Les noms propres utilisés (« Vrillon », « Commandement galactique Ashtar ») rappellent étrangement les romans de gare et les films de science-fiction de série B populaires à l’époque.
- Un lien sectaire : « Ashtar » fait référence à un groupe sectaire ufologique bien connu, dont les thèses n’ont jamais été validées par la communauté scientifique.
- Un vocabulaire typique des années 1970 : Certains termes employés, comme « new age » ou « l’ère du verseau », sont caractéristiques des mouvements post-hippies des années 1970. Il est peu probable que des forces extraterrestres authentiques aient utilisé un tel vocabulaire spécifiquement terrestre.
- Un accent britannique prononcé : La voix de « Vrillon » présente un accent britannique marqué, ce qui suggère une origine humaine locale plutôt qu’interstellaire.
- Des effets sonores reconnaissables : L’effet appliqué à sa voix est typique des filtres audio de l’époque et rappelle étonnamment la voix de Dark Vador dans Star Wars.
- Un contexte cinématographique favorable : Le premier Star Wars venait justement de sortir en 1977 et, grâce à son succès fulgurant, la science-fiction connaissait un engouement sans précédent dans la culture populaire.
- L’absence de piste extraterrestre dans l’enquête : Lors de leur investigation, les autorités britanniques n’ont jamais privilégié – ni même sérieusement envisagé – la piste extraterrestre.
- Une logistique peu crédible pour un message intergalactique : Si une puissance intergalactique avait véritablement voulu adresser un message important à l’humanité tout entière, elle aurait probablement choisi un canal de communication plus efficace qu’une chaîne de télévision locale du sud de l’Angleterre. Cette chaîne n’était accessible qu’à quelques centaines de milliers de foyers, alors que la population mondiale dépassait déjà les 4 milliards d’individus à l’époque.
Conclusion : un mystère partiellement résolu
S’il est juste de dire que l’affaire n’a jamais été officiellement résolue, il convient de préciser que la seule chose qui demeure véritablement en suspens, c’est l’identité précise des auteurs de ce canular. Tous les indices disponibles pointent vers une origine humaine, et ce jusqu’à preuve du contraire. Cette histoire fascinante reste un exemple remarquable de la manière dont la culture populaire, la technologie de l’époque et l’imagination humaine peuvent se combiner pour créer des légendes urbaines durables.



