Laurent Ruquier, qui a succédé à Philippe Bouvard à la tête des Grosses Têtes sur RTL en 2014, a rendu hommage à ce « maître » de l'audiovisuel, disparu lundi 24 août à l'âge de 96 ans dans son appartement à Cannes. Dans un entretien accordé à Midi Libre, l'animateur a confié son émotion et salué l'héritage de celui qui a marqué l'histoire de la radio et de la télévision françaises.
« Un grand nom de l'audiovisuel qui s'en va »
« Évidemment, un peu d'émotion, parce que c'est un grand nom de l'audiovisuel qui s'en va, et puis quelqu'un qui m'a donné envie de faire ce métier, même si, on le sait, nos rapports n'étaient pas humainement les meilleurs », a déclaré Laurent Ruquier. Il a souligné avoir « la chance aujourd'hui de continuer à faire vivre une émission qu'il a créée et animée pendant trente-sept ans ». Selon lui, Philippe Bouvard était « un grand monsieur de la radio et de la télévision, qui pendant toutes ces années, 70, 80, 90 particulièrement, a fait des Grosses Têtes, l'émission numéro 1 de la radio française ».
L'impertinence, une première à la télévision
Interrogé sur la singularité de Philippe Bouvard, Laurent Ruquier a rappelé son rôle de précurseur : « Le fait d'être impertinent, d'être le premier à la télévision, où, dès les années 60, les interviews étaient plutôt obséquieuses, flagorneuses, les invités venaient faire leurs promos déjà à l'époque. Lui a été le premier, avant Thierry Ardisson, avant Marc-Olivier Fogiel ou avant moi, à poser des questions plus insolentes, plus pernicieuses, plus différentes, on n'allait pas chez Bouvard tranquillement, les mains dans les poches ! »
Une succession difficile mais apaisée
Laurent Ruquier a également évoqué les débuts compliqués de sa succession en 2014, tout en minimisant les tensions : « Oui, mais après il a gentiment accepté une interview, on l'a repassée (sur RTL). Et je ne lui en ai jamais voulu de m'en vouloir, c'était normal à l'époque, c'est jamais simple de laisser sa place, mais en même temps, c'était obligé, on ne peut pas animer une émission quand on est octogénaire comme on l'animait trente-sept ans avant, ce n'est pas possible. »
« Un maître de l'audiovisuel »
À la question de savoir quelle image il gardera de lui, Laurent Ruquier a répondu : « C'est un maître, il fait partie des maîtres de l'audiovisuel, comme l'a été Jacques Martin à une époque. » Une déclaration qui témoigne du respect que l'animateur porte à celui qui a marqué des générations d'auditeurs et de téléspectateurs.



