Philippe Bouvard avait anticipé sa mort en 2020 à Cannes
Philippe Bouvard avait anticipé sa mort en 2020

En novembre 2020, Philippe Bouvard recevait Nice-Matin dans son appartement cannois. À 91 ans, le chroniqueur évoquait sa propre mort avec une lucidité teintée d'humour, affirmant que la pensée de sa disparition lui « gâchait un peu la vie » s'il y pensait trop. Une confidence qui résonne aujourd'hui avec force.

Un entretien au dernier étage, avec vue sur la baie de Cannes

Philippe Bouvard nous avait accueillis au dernier étage de son appartement du centre-ville, offrant une vue panoramique sur la baie de Cannes. Affaibli, un peu dur d'oreille, il conservait un esprit vif et particulièrement en éveil dès que l'interview commençait. À bientôt 91 ans, il n'avait rien perdu de sa verve pour évoquer les personnalités croisées durant un siècle de vie, de René Coty à Johnny Hallyday.

Le journaliste, qui avait échoué trois fois au baccalauréat, se délectait encore à décerner bons et mauvais points aux puissants de ce monde. Avec Toutou, sa petite chienne Yorkshire dans les bras, il donnait un petit coup de croc à Emmanuel Macron, lui qui se disait ami de Nicolas Sarkozy et avait côtoyé tous les présidents de la Ve République : « Il n'a pas le physique de l'emploi ! Je n'ai aucune animosité à son égard, c'est un surdoué, mais humainement, il ne m'intéresse pas. »

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Des anecdotes autobiographiques et des jugements tranchés

Philippe Bouvard rapportait aussi ses anecdotes à l'écrit, dans des ouvrages autobiographiques aux titres dignes de Michel Audiard, comme Un oursin dans le caviar ou Des grumeaux dans la passoire. Il avait également évoqué ses liens toujours solides avec Muriel Robin, Philippe Chevallier ou Mimie Mathy, dont il avait imposé la présence sur scène, parfois contre l'avis de certains.

Le chroniqueur rappelait son admiration pour Charles Aznavour, mais exprimait son mépris pour Yves Montand, qui selon lui « jouait au poker pour ruiner tous ceux qui étaient autour de sa table ». Il louait sa longue amitié avec Bernard Tapie, qui « n'avait pas une grande culture mais comprenait tout », ainsi que sa fidélité à Jacques Médecin, ancien maire de Nice qu'il accueillait clandestinement depuis son exil en Uruguay.

Une épitaphe anticipée et une philosophie face à la mort

Philippe Bouvard avait déjà imaginé son épitaphe : « Il y est passé comme les autres ». Fils d'une mère juive et d'un père catholique, cet agnostique déclaré estimait que « la mort, c'est la fin de tout si on ne croit à rien. Si j'y pense trop, elle me gâche un peu la vie. »

Se définissant comme « un homme d'une époque révolue qui essaie toujours d'être de son temps », il abordait le crépuscule de sa longue existence avec la même ironie qui avait marqué toute sa carrière. Par ses écrits et ses saillies, il se sera longtemps ri de cette mort qu'il avait si bien anticipée.

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