Deux jeunes hommes de 18 ans comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Pau ce lundi 18 mai pour avoir assené des coups de couteau dans les transports en commun, le 6 avril dernier. L’un d’eux a, entre autres, écopé de 16 mois de prison ferme.
Une querelle sur fond de menaces sur Snapchat
Une querelle de jeunes adultes, sur fond de menaces sur le réseau social Snapchat, qui aurait pu tourner au drame. Ce lundi 18 mai, deux hommes de 18 ans comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Pau, pour violences aggravées avec l’aide d’une arme, en réunion, et dans les transports en commun. Les faits se sont déroulés le 6 avril dernier. La victime, 22 ans, se rendait alors à l’hôpital pour rendre visite à sa sœur, nouvelle maman depuis peu, en prenant le Fébus. Sur le chemin, il croise Enzo et Étienne (1), tout juste majeurs, et un ami à eux, mineur. La veille, une bagarre avait éclaté à la fête foraine entre le plaignant et Enzo, pour des menaces proférées sur un groupe Snapchat, suite à un « regard de travers » lancé en ville quelques jours plus tôt.
Des coups « d’une grande violence »
À l’intérieur du bus, les trois nouveaux passagers s’avancent vers la victime, pour évoquer l’épisode de la veille. Le ton monte, et le plus jeune dégaine un couteau de type Opinel. Enzo fait de même, et des coups « d’une grande violence », selon un témoin, commencent à être distribués. Le jeune Enzo « se déchaîne », tentant d’asséner plusieurs coups de couteau, pendant qu’Étienne, muni d’un canif qu’il n’a pas utilisé pendant la rixe, lui envoie un coup de poing dans les côtes. La victime est alors acculée contre la vitre du véhicule, et se défend en plaçant ses jambes en avant.
À l’arrêt suivant, voyant que ses jambes sont maculées de sang, les trois comparses détalent. Ils se rendront par la suite eux-mêmes au commissariat, et la victime sera prise en charge à l’hôpital. Opéré le lendemain, le garçon de 22 ans faisait état de plusieurs ecchymoses sur les cuisses, et une plaie au genou provenant d’un coup de lame, qui lui a grandement endommagé l’usage de son articulation, le contraignant à se présenter en béquilles lors de l’audience. Les coups de couteau ont été adressés dans le Fébus, sur l’allée Catherine-de-Bourbon, à Pau.
Jeunesse dangereuse
Devant les juges, le jeune Étienne s’excuse auprès de sa victime, estimant qu’il « n’aurait jamais dû faire ça ». Aux enquêteurs, il aurait concédé « ne pas aimer la victime, mais pas au point de le planter ». Sa défense, assurée par Maître Nabucet-Kosnyreva, conteste l’usage d’une arme qui lui est reproché, et réclame une condamnation sans prison ferme. Le Ministère public, navré de constater « la dangerosité de cette jeunesse », a requis 24 mois de détention à son encontre, dont six assortis d’un sursis.
Pour Enzo, la procureure de la République a demandé 42 mois de détention ferme, expliquant que le prévenu faisait état d’une « montée en puissance de la violence ». Un an auparavant, il avait déjà été condamné pour des faits similaires. Du côté de la partie civile, Me Pleck retient surtout la « gravité » de ces actes. « Dans cette affaire, on aurait pu se retrouver avec un infirme, voire un mort », souligne l’avocate du jeune homme.
Les peines prononcées
Après plusieurs dizaines de minutes de délibération, le tribunal annonce qu’Enzo devra purger une peine de trois ans de prison, dont deux avec sursis. Une révocation d’un précédent sursis allongera la peine de quatre mois ferme. Pour Étienne, la présidente de la séance prononce une peine de 14 mois accompagnée d’un sursis probatoire de deux ans. Le troisième auteur des coups passera devant le tribunal pour enfants de Tarbes, en septembre prochain. (1) Les prénoms ont été modifiés.



