Le drame de Paulette Benet : un crime conjugal qui a bouleversé le Lot-et-Garonne en 1972
Paulette Benet : le crime conjugal qui a marqué le Lot-et-Garonne

Le crime conjugal qui a secoué le Lot-et-Garonne

Dans les archives criminelles du Lot-et-Garonne, l'affaire de Paulette Benet reste gravée comme un drame conjugal aux répercussions profondes. Le 14 mars 1972, au Passage d'Agen, cette femme de 49 ans met fin à la vie de son mari, André Hoquet, dit Dédé, dans le jardin familial, après des années de menaces, d'humiliations et de coups.

Une vie marquée par l'adversité

Paulette Benet, née le 6 avril 1924 à Hanoï, a connu une existence tumultueuse dès son plus jeune âge. Fille d'un militaire et d'une mère inconnue selon son acte de naissance, elle arrive en métropole en 1933, s'installant d'abord à Auch puis à Bon-Encontre. À 13 ans et demi, elle devient apprentie dans une bonneterie à Agen, puis bonne à tout faire à Colayrac.

Sa vie amoureuse est tout aussi chaotique : en 1945, elle donne naissance à un garçon dont le père s'enfuit, avant d'épouser un sergent indochinois en 1946 qui légitime l'enfant. Après son départ pour l'Indochine, Paulette entame une relation avec Jean B., avec qui elle a trois enfants, mais le couple se sépare et les enfants sont dispersés. En 1952, naît un autre fils, Bernard, d'une liaison avec Marcel S., décrit comme un individu à la moralité douteuse.

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La rencontre avec Dédé et la descente aux enfers

En 1959, Paulette rencontre André Hoquet, dit Dédé, déjà père de six enfants placés. Ils se marient en 1964 et s'installent dans un wagon de marchandise réformé sur un terrain à Trompilou. Pendant près de quinze ans, Paulette s'épuise dans les travaux domestiques, supportant une vie de misère et de violences. À 49 ans, épuisée, elle aspire désespérément à un peu de paix.

Le matin fatidique du 14 mars 1972

Tapie dans la brume d'un matin froid, Paulette attend le retour de Dédé de son travail. À 6 h 35, elle entend sa mobylette et, après une hésitation, tire un premier coup de fusil qui le blesse au visage et à l'épaule, le faisant tomber. Un deuxième coup atteint son dos, provoquant une hémorragie. Voyant qu'il survit, Paulette entre dans une transe mortifère, frappant son mari avec la crosse du fusil jusqu'à ce qu'elle se brise sur son visage, dans une véritable exécution.

Le procès et les soutiens inattendus

Écrouée à la maison d'arrêt d'Agen, Paulette est renvoyée devant la cour d'assises le 23 novembre 1973. À la barre, amis, connaissances et employeurs décrivent une femme courageuse et honnête, une mère soucieuse de ses enfants. Madame de la Guillonière, ancienne assistante sociale, témoigne de ses malheurs. En revanche, les soutiens de Dédé sont rares, un ex-beau-frère le qualifiant de lâche et fainéant.

Une sentence surprenante

Malgré le crime d'assassinat, exposant Paulette à une longue peine de réclusion ou même à la peine de mort encore en vigueur, la cour montre une étonnante bienveillance. Elle est condamnée à 5 ans d'emprisonnement, dont 3 avec sursis, et une obligation de soins. Les experts psychiatres n'avaient pourtant détecté aucune pathologie mentale, seulement une réactivité caractérielle sur un léger déséquilibre de personnalité.

Cette affaire révèle les complexités des violences conjugales et la justice des années 1970, laissant une trace indélébile dans la mémoire collective du Lot-et-Garonne.

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