Paternité à 91 ans : un agriculteur français relance le débat sur la parentalité tardive
Est-il vraiment nécessaire d'envoyer un message à tous les jeunes de 29 ans pour les presser de fonder une famille ? Alors que le plan gouvernemental de lutte pour le réarmement démographique rappelle les objectifs d'Emmanuel Macron, Pierre Sablé, un ancien agriculteur de 91 ans installé dans les Pyrénées-Orientales, vient de devenir père pour la septième fois. Soixante ans après la naissance de son premier enfant, il prouve que le temps ne presse pas tant que cela pour connaître les joies de la parentalité.
Un cas français qui défie les normes biologiques
Pierre Sablé entre ainsi dans le club des seniors qui démontrent qu'il est possible de procréer à un âge avancé. S'il surpasse des célébrités américaines comme Robert De Niro, devenu père à 79 ans en 2023, ou Al Pacino, à 83 ans la même année, il n'est cependant pas le recordman mondial de la discipline. Son cas soulève néanmoins des questions sur les limites biologiques et sociales de la paternité tardive.
Les records mondiaux de paternité à un âge avancé
Selon le Guinness World Records, le record officiel est détenu par un Australien, Les Colley, qui a eu son neuvième enfant à l'âge de 92 ans et 10 mois avec sa troisième femme. Le livre des records précise qu'il a rencontré la mère de son dernier enfant à 90 ans. Malheureusement, ce dernier n'aura guère connu son père, décédé avant ses 99 ans.
D'autres hommes ont revendiqué ce statut de « plus vieux jeune père » du monde :
- Un article du Journal of Douglas County de 1951 évoque le révérend James E. Smith, qui aurait eu un enfant à 102 ans.
- L'American Medical Association de Chicago aurait enregistré un Américain ayant eu un enfant à 94 ans dans les années 1930.
- Un Indien, Ramjit Raghav, affirmait détenir le titre après avoir eu son premier enfant en 2010 à 94 ans, puis un autre à 96 ans.
Les défis biologiques de la parentalité tardive
Ces exploits soulignent un défi biologique majeur. Si les hommes produisent des spermatozoïdes tout au long de leur vie, leur qualité se dégrade avec l'âge, ce qui complique la fécondation et augmente les risques de maladies ou de troubles génétiques chez les enfants. De plus, ces records sont souvent rendus possibles grâce à des compagnes bien plus jeunes, car la ménopause, survenant généralement entre 45 et 60 ans, limite fortement la maternité féminine à un âge avancé.
Des records féminins exceptionnels
Cependant, certaines femmes poussent aussi les limites. En 2019, Erramatti Mangamma, une Indienne de 74 ans, a donné naissance à des jumelles. Le précédent record était détenu par une Espagnole, Maria del Carmen Bousada Lara, âgée de 66 ans et 358 jours, enregistrée par le Guinness Book en 2006. Ces cas rares montrent que les avancées médicales permettent parfois de repousser les frontières de la reproduction.
En définitive, l'histoire de Pierre Sablé et des autres recordmen interroge sur l'équilibre entre les aspirations personnelles, les contraintes biologiques et les politiques démographiques. Alors que la France cherche à stimuler sa natalité, ces exemples extrêmes rappellent que la parentalité peut survenir à des âges insoupçonnés, mais pas sans risques ni défis.