Paris : la justice suspend la fermeture d'un club libertin contestée par la police
Le tribunal administratif de Paris a rendu une décision inattendue ce lundi 9 février 2026. Il a suspendu la fermeture de La Factory, un établissement libertin situé dans le XVe arrondissement de la capitale. Cette fermeture avait été ordonnée fin janvier par la préfecture de police, qui invoquait des motifs sévères liés à la dignité humaine et à la tranquillité publique.
Un revers pour la préfecture de police qui annonce un recours
La préfecture de police avait pris la décision de fermer La Factory en arguant que les activités de l'établissement, notamment l'organisation de soirées dites gang bangs, portaient atteinte à la morale et à la dignité des femmes participantes. Selon les autorités, ces événements favorisaient potentiellement la commission d'infractions pénales. Cependant, le juge des référés a estimé que la fermeture immédiate n'était pas justifiée dans l'urgence, permettant ainsi une réouverture provisoire du lieu.
Face à cette décision, le préfet de police a immédiatement réagi en annonçant son intention de se pourvoir devant le Conseil d'État. Ce recours juridique montre la détermination des autorités à maintenir la fermeture de l'établissement, considéré comme un symbole de pratiques controversées au cœur de Paris.
La défense du propriétaire : consentement et investissement personnel
Le propriétaire de La Factory, un homme surnommé "Z" et père de famille dans la cinquantaine, défend farouchement son activité. Il explique que son établissement fonctionne sur la base du consentement total des participantes. "Je propose une organisation sur mesure, selon les désirs de chaque femme", affirme-t-il. "Tout est basé sur leurs demandes, que ce soit le nombre de participants, le scénario, ou les critères physiques. Si cela ne leur convient pas, l'événement peut être annulé à tout moment."
"Z" insiste également sur l'importance économique de son entreprise. Il a investi près de 250 000 euros dans ce local après avoir organisé des soirées similaires en privé. "Ma vie est en jeu, je ne peux pas abandonner cet investissement", déclare-t-il, soulignant les enjeux personnels et financiers derrière cette affaire judiciaire.
Un débat sur les limites de la liberté individuelle et l'ordre public
Cette affaire soulève des questions complexes sur l'équilibre entre la liberté des pratiques sexuelles entre adultes consentants et la responsabilité des autorités à protéger la dignité humaine et l'ordre public. La Factory, située rue d'Alleray, est décrite comme un lieu apprécié de la communauté libertine parisienne, où l'entrée est payante mais les prestations sont gratuites.
La décision du tribunal administratif, bien que provisoire, ouvre une période d'incertitude juridique. Elle intervient dans un contexte où d'autres événements libertins en France ont récemment fait l'objet de contrôles ou d'annulations, comme en Seine-et-Marne ou à Perpignan. Le débat public sur la régulation de ces pratiques semble loin d'être clos, avec des enjeux éthiques, légaux et sociaux qui continuent de diviser.



