Le scandale des violences sexuelles dans les écoles parisiennes prend une nouvelle ampleur. Selon les informations du Parisien, un animateur mis en examen en février 2026 pour des faits d'« agressions sexuelles » et d'« exhibition » dans l'école maternelle Bullourde (XIe arrondissement) avait déjà été visé par une plainte en 2024 pour des faits similaires alors qu'il travaillait à l'école Belzunce, dans le Xe arrondissement. Malgré cette information, la Direction des affaires scolaires de la Ville de Paris (DASCO) a ordonné son maintien en poste, une décision qui suscite l'incompréhension et la colère des parents d'élèves.
Une plainte ignorée
Les parents d'élèves de l'école Bullourde ont découvert par hasard le lien entre les deux affaires. « C'est parce qu'on a discuté entre parents, on s'est rendu compte que dans ces deux affaires on avait le même prénom et la même description physique », raconte l'un d'eux. La rumeur s'est propagée jusqu'à la publication d'un article du Parisien confirmant leurs craintes. L'homme soupçonné en 2024 d'agression sexuelle sur une fillette de 10 ans dans le Xe arrondissement est bien le même que celui mis en examen pour les faits survenus à Bullourde.
Lors de réunions d'information organisées mardi et mercredi soir, les parents ont appris que la CASPE 11-12 (circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance) avait connaissance de la plainte de 2024 dès janvier 2025. Une responsable des ressources humaines, en voyant le nom de l'animateur dans une liste de formation, a fait le lien et a prévenu la DASCO. Celle-ci a informé la CASPE mais a ordonné le maintien en poste de l'animateur afin de « préserver les droits de l'agent et garantir l'objectivité de son stage », selon des propos rapportés par des parents. La DASCO a également demandé à la circonscription de ne pas informer le directeur périscolaire de la situation, rendant impossible une réelle surveillance.
Des défaillances dans le recrutement
Les parents ont également découvert que l'animateur avait été recruté par le Responsable éducatif ville (REV) adjoint, qui était son ami. Ce dernier a mené seul l'entretien d'embauche, et le compte rendu a été signé par la REV titulaire, qui n'y avait pourtant pas assisté. « Il y a eu des défaillances », reconnaît le maire du XIe arrondissement, David Belliard (Les Écologistes). L'élu souhaite qu'une procédure soit lancée pour déterminer les responsabilités individuelles et que des sanctions soient prises, sans exclure une procédure pénale.
Un travail titanesque pour éviter la récidive
David Belliard annonce qu'un travail est mené au niveau de la Ville de Paris, tous arrondissements confondus, pour exhumer les signalements qui n'auraient pas été suivis d'effet. L'objectif est d'éviter qu'une telle situation se reproduise. Un fichier centralisé des animateurs avait déjà été mis en place à l'automne 2025 après le début du scandale, mais il s'agit désormais de déterrer les signalements ignorés, un travail « quasiment d'archéologue », selon le maire, qui risque d'être titanesque.



