Une promenade au parc transformée en cauchemar à Montpellier
Une affaire judiciaire peu commune a été jugée mercredi 18 mars au tribunal judiciaire de Montpellier. Un retraité de 81 ans, sans antécédents judiciaires, a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur une femme qui promenait sa petite-fille de huit mois dans le parc de Font Colombe, situé à l'ouest de la ville. Les événements remontent à octobre 2025, dans ce jardin public proche de la route de Lavérune.
Le récit traumatisant de la victime
La jeune grand-mère, encore profondément marquée par l'incident, a décrit avec émotion les moments d'angoisse qu'elle a vécus. "J'ai eu l'impression d'être piégée", confie-t-elle, expliquant comment l'homme l'a abordée avec insistance avant de passer à l'acte. "Il m'a dit qu'on devait se revoir, m'a saisi le bras avec ses deux mains et m'a touché le sein. Il me tirait et voulait m'embrasser".
La victime raconte avoir tenté de se dégager dans un parc désert, avant de courir vers une enseignante accompagnée de ses élèves pour demander de l'aide. Cette dernière l'a raccompagnée jusqu'à la sortie du parc, mettant fin à cette effrayante confrontation.
Les versions contradictoires de l'accusé
Le mis en cause, un ancien chef d'entreprise marié et père de famille, a présenté plusieurs versions des faits depuis sa garde à vue. Il a d'abord affirmé ne garder aucun souvenir de l'épisode, avant de soutenir que son geste était défensif, prétendant que la victime dirigeait la poussette contre lui.
La procureure a qualifié ces explications d'"assez rocambolesques", soulignant la cohérence des déclarations de la grand-mère et l'absence de motif crédible pour un geste défensif dans ce contexte.
Les conséquences psychologiques durables
L'avocat de la victime, Me Romain Fontès, a détaillé l'impact profond de cette agression sur sa cliente. "Ma cliente est toujours suivie par un psychologue au CHU. Elle n'a toujours pas remis les pieds dans ce parc situé à proximité de chez elle. Elle est saisie d'une peur irrationnelle", a-t-il plaidé, demandant 5 000 € de réparation pour préjudice moral.
La victime elle-même témoigne de sa transformation : "Je suis une personne assez ouverte, je parle facilement. Mais désormais, quand un homme me parle, je me demande ce qu'il va m'arriver".
La défense et la décision du tribunal
L'avocat de la défense a tenté de minimiser la gravité des faits, évoquant "des approximations de part et d'autre" et questionnant : "Est-ce qu'on devient un délinquant sexuel à bientôt 82 ans, alors que mon client n'a plus de libido depuis 15 ans ?". Il a argué que son client avait "le toucher facile" mais n'avait jamais fait parler de lui auparavant.
Le tribunal a cependant retenu la culpabilité de l'octogénaire et prononcé une peine de six mois de prison avec sursis simple. Le retraité devra également :
- Respecter une interdiction d'entrer en contact avec la victime
- Ne pas paraître au parc de Font Colombe pendant trois ans
- Indemniser la victime à hauteur de 1 000 €
L'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles n'a pas été retenue, mais la condamnation marque la reconnaissance judiciaire de la gravité des faits commis dans ce lieu public montpelliérain.



