Une nounou de Vauvert condamnée pour avoir secoué un bébé : les SMS qui l'ont trahie
L'assistante maternelle de 23 ans, jugée ce jeudi 12 mars au tribunal correctionnel de Nîmes, a reconnu avoir secoué un nourrisson qu'elle gardait à son domicile de Vauvert en mars 2024. Les violences ont provoqué des lésions neurologiques chez l'enfant, nécessitant son transfert d'urgence au CHU de Nîmes puis à l'hôpital Gui de Chauliac à Montpellier pour une prise en charge spécialisée.
Des aveux par SMS et des symptômes alarmants
Le président du tribunal Reynes a détaillé les éléments accablants du dossier. L'enquête a révélé que la jeune femme avait envoyé des messages texto à son compagnon de l'époque, déclarant : "J'ai secoué Alex, il est tout bizarre, j'ai fait la conne, je vais aller en prison". Ces aveux numériques corroborent les constatations médicales qui ont diagnostiqué un syndrome du bébé secoué, avec notamment une hémorragie du fond de l'œil détectée lors d'un examen ophtalmologique.
Les parents du nourrisson, présents au procès, ont décrit comment la santé de leur enfant s'était brutalement dégradée sous la garde de cette nounou. Les symptômes initiaux incluaient des vomissements et un strabisme, avant que les médecins ne découvrent l'étendue des traumatismes crâniens.
Un compagnon jugé pour non-dénonciation
L'ancien compagnon de l'assistante maternelle, lui-même gendarme, était simultanément jugé pour non-dénonciation de mauvais traitements. Le procureur Kocher l'a interrogé sur le moment où il avait pris connaissance des SMS incriminants, soulignant qu'il avait reçu les aveux de sa compagne sans donner l'alerte aux autorités ou pousser à une révélation médicale immédiate.
Le magistrat a estimé que cette omission avait retardé la prise en charge médicale cruciale pour l'enfant, alors que la rapidité d'intervention était essentielle compte tenu de la fragilité de la boîte crânienne du nourrisson.
Le pronostic médical et le traumatisme familial
À la barre, les parents ont fait état de l'état actuel de leur enfant. La mère a indiqué qu'Alex avait "rattrapé son retard de développement lié aux violences", mais qu'une intervention chirurgicale serait nécessaire pour corriger le strabisme persistant. Interrogés sur leurs attentes, ils ont simplement répondu : "Que cela ne se reproduise plus, qu'elle ne s'approche plus d'un enfant".
L'avocate des parents a dénoncé avec émotion les "angoisses extrêmes" subies par le couple, soulignant que les secouements étaient survenus "très vite, au bout de cinq jours" de garde. Elle a insisté sur le fait que le problème résidait dans la personnalité de la nourrice plutôt que dans le comportement de l'enfant.
Le profil de la prévenue et le verdict
L'examen de la personnalité de l'assistante maternelle a révélé une "immaturité pour exercer ce type de métier" et une "fragilité affective" selon le rapport d'expertise. Le document préconisait qu'elle n'exerce plus dans ce domaine et suive une psychothérapie au long cours.
Le procureur Kocher a requis 30 mois de prison avec sursis probatoire contre la nounou, mettant en avant sa jeunesse et son manque de maturité tout en soulignant la gravité des actes. Pour l'ex-compagnon gendarme, il a demandé quatre à six mois avec sursis sans inscription au casier judiciaire, afin de ne pas compromettre sa "carrière prometteuse".
Après délibéré, le tribunal a finalement condamné l'assistante maternelle à trois ans de prison dont deux ans avec sursis probatoire, avec obligation de soins et de travail. Elle est également interdite de toute activité professionnelle ou bénévole avec des mineurs. Son ancien compagnon a écopé d'une peine plus légère pour non-dénonciation.
Me Luc Abratkiewicz, l'avocat de la nourrice, avait tenté de nuancer les réquisitions du parquet en plaidant les circonstances atténuantes, tandis que Me Jacques Raymond, défendant l'ex-gendarme, avait plaidé la relaxe en invoquant ses excellents états de service.



