Deux jeunes hommes ont été condamnés ce lundi 24 août par le tribunal de Nîmes pour violences aggravées après une altercation avec un nonagénaire à Saint-Victor-la-Coste. Le 16 juin dernier, l'homme âgé de plus de 90 ans avait sorti son fusil pour effrayer des jeunes, affirmant avoir visé vers le haut. Les deux prévenus, qui assurent avoir seulement voulu désarmer le tireur, ont nié avoir frappé la victime, blessée à l'œil.
Un fusil sorti pour faire peur
Le 16 juin, excédé par des jeunes gens, un nonagénaire a sorti son fusil à Saint-Victor-la-Coste. Devant le tribunal, il a expliqué avoir voulu leur faire peur et avoir pointé son arme vers le haut avant d'ouvrir le feu. Les jeunes ont alors empoigné le fusil pour s'en emparer, certifiant que le nonagénaire avait braqué son arme en leur direction.
Lors de l'audience du 26 juin, l'affaire avait donné lieu à l'incarcération d'un suspect et au placement sous contrôle judiciaire de l'autre, tous deux jugés pour violences aggravées. Le dossier avait été reporté à ce lundi 24 août, et le procès s'est tenu lors d'une audience de comparution immédiate.
Des versions contradictoires à l'audience
À la barre, les deux prévenus ont répété à plusieurs reprises qu'ils n'avaient pas porté de coups au vieil homme, pourtant blessé à l'œil. L'un d'eux a certifié que c'était le recul de l'arme qui avait blessé le nonagénaire, et non les coups. La présidente Alexia Bouchon a toutefois observé que des témoins avaient affirmé que des coups avaient bel et bien été portés, ce que les prévenus contestent.
La présidente a ensuite interrogé la victime sur les circonstances de l'usage de l'arme : « Pourquoi êtes-vous sorti avec un fusil ? » L'habitant de Saint-Victor-la-Coste a répondu : « J'étais sur le divan, ma femme m'a dit ils sont en train de tout casser, il a mis un coup de pied dans la porte d'entrée et m'a jeté un galet, j'ai vu rouge, ça m'a mis hors de moi et je suis allé chercher mon fusil. »
Le contexte d'incivilités au cœur des débats
Me Hugues de Chivré, avocat de la partie civile, a reconnu que son client n'aurait pas dû sortir son fusil, observant que « les problèmes ne se résolvent jamais par la violence ». Il a néanmoins insisté sur « le contexte d'incivilités et de bruit » avec des « personnes qui sont en train de s'approprier la rue, à qui il faut pratiquement demander pardon pour pouvoir passer. C'est dans ce contexte que cela démarre. La seule manière qu'il a eue de réagir, c'est de leur faire peur avec un fusil. »
Le procureur adjoint, Stéphane Bertrand, a demandé au tribunal de condamner le premier suspect à huit mois de prison avec sursis et le second, déjà incarcéré depuis le 26 juin, à une peine d'un an ferme avec maintien en détention. En défense, Me Fahd Mihih a tenté de nuancer les accusations en faveur des prévenus.
Des peines différenciées
Le tribunal a finalement condamné l'un des prévenus à huit mois de prison avec sursis, et l'autre à 18 mois de prison dont 12 mois assortis d'un sursis probatoire, soit six mois ferme, dont deux déjà purgés en détention provisoire. Pour la partie ferme, le tribunal a ordonné une détention à domicile.



