Nîmes : l'école Paul-Langevin revit après l'incendie, mais l'insécurité persiste à Pissevin
La vie a repris son cours à l'école primaire Paul-Langevin, située dans le quartier Pissevin à Nîmes, grâce aux rires des enfants qui ont pu regagner leurs classes ce vendredi. Cet événement fait suite à un acte de vandalisme et un incendie survenus dans la nuit de lundi à mardi, ayant contraint 320 élèves à rester chez eux pendant plusieurs jours.
Le retour en classe, entre soulagement et adaptation
Mohamed, un élève de CP, a retrouvé le sourire en sautant dans les bras de sa mère Assia Kachkouch à la sortie de l'école. « Ses cahiers ont brûlé, mais la maîtresse nous en a donnés de nouveaux. Tout neufs ! », raconte-t-il avec enthousiasme. Cependant, l'incendie a causé des dégâts significatifs, notamment dans le bâtiment le plus touché où se trouvait sa classe.
Pour les élèves de CM1 et CM2, comme Amel, 10 ans, la rentrée s'est faite dans des conditions particulières. Quatre classes ont été délocalisées au collège Jules-Verne, probablement jusqu'aux vacances scolaires. « La mairie a mis en place un bus pour les allers-retours, ce qui permet aux enfants de rentrer déjeuner à la maison », explique sa mère, reconnaissante de cette mesure. Amel, quant à elle, voit cette expérience comme une immersion dans sa future vie de collégienne.
Aya, 8 ans, en CE2, a eu la chance de retrouver sa classe, même si les cahiers avaient été jetés au sol. Toutefois, la petite fille exprime sa tristesse : « Nos instruments de musique ont tous été détruits par le feu. Je ne peux plus jouer de trombone avant plusieurs jours ».
La colère et l'inquiétude des parents d'élèves
Sihane El Ouachmani, représentante des parents d'élèves, partage son indignation. « C'était la stupéfaction mardi matin en découvrant l'école vandalisée. Ça fait plus de 20 ans que je connais cet établissement, il n'y a jamais eu de souci ! », affirme-t-elle. Sa voix trahit une colère palpable, surtout lorsqu'elle évoque son fils de 6 ans, choqué d'avoir vu une institutrice en larmes.
Le sentiment d'insécurité est décrit comme « pesant » et « s'intensifiant de jour en jour ». Sihane rapporte un incident récent : « Une course-poursuite entre la police et des jeunes a eu lieu à 16h30 juste devant l'école. J'ai peur d'un drame ».
Pissevin : un quartier en survie
Comme Sihane et son mari, de nombreux habitants de Pissevin expriment leur exaspération face à la tension permanente qui règne dans le quartier. « Ici, on ne vit pas, on survit », analyse Sihane avec calme. Elle détaille les difficultés quotidiennes : « Le soir, il est inimaginable de sortir. On vit reclus. Je m'inquiète pour mes enfants qui connaissent des mots comme guetteurs ou chouffeurs ».
La famille envisage même de quitter le quartier. « Nous mettons tout en œuvre pour partir. Ce n'est plus tenable ici », conclut-elle, soulignant l'urgence d'une amélioration des conditions de vie à Pissevin.



