Nice : deux hommes mis en examen dans l'affaire de la tête de porc devant chez Estrosi
Nice : deux hommes mis en examen pour la tête de porc chez Estrosi

L'affaire de la tête de porc à Nice : deux nouvelles mises en examen

Le parquet de Nice a annoncé ce vendredi la mise en examen de deux hommes dans le cadre de l'enquête sur la tête de porc déposée devant le domicile du maire Christian Estrosi. Cette affaire rocambolesque, qui a totalement chamboulé la fin de campagne municipale, compte désormais quatre personnes mises en examen.

Les détails des mises en examen

Les deux hommes mis en examen ce vendredi sont un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST), âgé de 79 ans et reconverti en détective privé, ainsi qu'un spécialiste du marketing digital de 46 ans. L'ancien policier, qui se présente comme étant d'extrême droite selon le procureur Damien Martinelli, a été mis en examen pour « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et association de malfaiteurs ». Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Le spécialiste du marketing a quant à lui été mis en examen pour « violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, la race ou la religion et association de malfaiteurs ». Le parquet a requis son placement en détention provisoire.

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Une enquête qui progresse

Dans un communiqué, le procureur Damien Martinelli a précisé : « A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager la possible participation directe ou indirecte aux faits d'autres personnes » que celles déjà mises en examen et « celles identifiées et recherchées ». L'enquête a permis d'identifier quatre suspects en partie grâce à l'analyse des images de vidéosurveillance après la découverte, le 27 février au soir, d'une tête de porc et d'une affiche avec une étoile de David portant l'inscription « connard » sur le portail de la résidence du couple Estrosi.

Deux des suspects, originaires de Tunisie, avaient déjà été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire la semaine dernière. L'un d'eux, spécialiste en informatique, avait été en contact avec une responsable de la communication de Christian Estrosi et avait même rencontré le maire pour évoquer des actions de communication sur les réseaux sociaux.

Les réactions politiques

Le maire sortant Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat sous l'étiquette Horizons, a dénoncé « une machination absolument ignoble » et a annoncé son intention de se porter partie civile. Il doit être « convoqué à bref délai » avec son épouse pour être entendu en qualité de témoins, après avoir déjà été entendu le 5 mars.

Ses avocats, Mes Olivier Baratelli et Gérard Baudoux, ont déclaré dans un communiqué : « Les investigations […] permettront de faire toute la lumière sur les infiltrations et les trahisons ». Ils ajoutent que Christian Estrosi « se réjouit d'être auditionné en qualité de témoin prochainement ».

Un contexte électoral tendu

Cette affaire empoisonne la campagne de Christian Estrosi, qui accuse un retard important dans les sondages face à son rival Éric Ciotti (UDR-RN). Le maire sortant a pointé du doigt l'équipe de son rival ainsi que l'homme d'affaires conservateur Pierre-Édouard Stérin, qui réfute toute implication et entend porter plainte en diffamation.

Les liens des suspects avec des membres de l'entourage de Christian Estrosi ont alimenté des soupçons de complot, qu'il dément fermement. Quatre autres personnes ont été entendues mercredi dans le cadre de l'information judiciaire ouverte, notamment pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion ou violences aggravées visant un élu public. Il s'agissait de deux femmes, nées en 1963 et 1967, ainsi que des deux hommes finalement mis en examen ce vendredi.

Cette affaire judiciaire continue de faire des vagues à Nice, où les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 approchent à grands pas, créant un climat politique particulièrement tendu autour de cette symbolique tête de porc déposée devant le domicile du maire.

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