Narcotrafic à Nîmes : un magistrat tire la sonnette d'alarme sur le manque de moyens
Narcotrafic à Nîmes : l'alarme d'un magistrat sur les moyens

Un magistrat nîmois, sous couvert d'anonymat, a lancé un cri d'alarme sur la lutte contre le narcobanditisme. Interrogé récemment sur la situation et les alertes des syndicats de policiers concernant le manque d'effectifs et de moyens, il s'est montré sans concession : "C'est foutu" en l'état.

Des moyens massifs nécessaires

Selon ce magistrat, pour espérer endiguer le phénomène, "il faut mettre des dizaines d'enquêteurs dans le Gard, voire des centaines dans la région, et des moyens techniques très importants, notamment sur la téléphonie et les extractions de données." Il préconise également de simplifier les procédures judiciaires, actuellement trop lourdes, et d'alléger les démarches de saisie des biens et des sommes d'argent.

Des mesures non démocratiques en perspective

Sans ces renforts et modifications, le magistrat estime que la société sera dépassée face aux groupes criminels et aux mafias, et pourrait être contrainte "d'utiliser des mesures non démocratiques".

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Nîmes, plaque tournante du trafic de drogue

Depuis près de 14 ans, Nîmes est un haut lieu du trafic de drogue, notamment pour la résine de cannabis en provenance du Maroc transitant par l'Espagne. Sa position sur les axes autoroutiers en fait une plaque tournante vers la région parisienne, Grenoble, Lyon, la Belgique et parfois la Corse.

En 2012, les enquêtes judiciaires avaient permis de saisir plus de trois tonnes de cannabis. Déjà à l'époque, la question du blanchiment d'argent se posait à travers des commerces servant de blanchisseries.

Une escalade de la violence depuis 2019

Depuis 2019, les conflits entre trafiquants se sont intensifiés, avec des fusillades dans les quartiers de Pissevin, Valdegour, Mas de Mingue et Chemin-Bas-d'Avignon. Entre 2020 et 2024, plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre ont eu lieu, certains jugés aux assises du Gard ou au tribunal correctionnel de Nîmes.

L'été 2025 a été particulièrement meurtrier : le 27 juin, huit personnes ont été blessées par balle à Valdegour ; le 11 juillet, un quinquagénaire étranger au trafic a été tué au Mas de Mingue ; le 15 juillet, un jeune Parisien de 19 ans a été enlevé et exécuté, son corps filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.

Plus d'une vingtaine d'enquêtes sont en cours pour ces faits criminels ou des associations de malfaiteurs. Parmi les événements récents : une fusillade le 15 janvier 2025 à Saint-Césaire, un commando ouvrant le feu dans un snack le 26 janvier, un homme blessé par balle le 29 janvier au Clos d'Orville, et un commando à l'arme de guerre le 3 avril rue Galilée à Valdegour. En mai 2025, deux hommes à scooter ont été arrêtés avec une arme et de l'argent liquide.

Le tribunal correctionnel de Nîmes traite un nombre très important de dossiers, notamment des trafics et des employés de points de deal. En juin 2025, une affaire de trafic au Mas de Mingue a abouti à des condamnations fin juillet. En septembre, cinq suspects présumés trafiquants ont été placés en détention. Récemment, la BRI a arrêté deux jeunes Gardois et déjoué une fusillade.

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