« Je lui ai promis que j'obtiendrai justice » : le combat d'une mère après le décès de son fils à l'hôpital d'Antibes
La voix étranglée par l'émotion, Florence Giovial revient inlassablement sur cette nuit du 24 au 25 février 2023 qui a bouleversé sa vie. Son fils Adam, âgé de seulement cinq ans, est décédé des suites d'une occlusion intestinale aiguë à l'hôpital de la Fontonne à Antibes, quelques heures seulement après son admission aux urgences.
Une prise en charge médicale mise en cause
« Quand j'ai vu mon fils au reposoir, je lui ai promis qu'il ne serait jamais oublié et que j'obtiendrai justice », confie la mère, déterminée à faire reconnaître les erreurs du médecin urgentiste en charge ce jour-là. Adam, qui souffrait de ganglions enflammés dans les intestins depuis 2021, était arrivé à l'hôpital avec des symptômes alarmants : ventre gonflé et difforme, pâleur extrême, vomissements et hypothermie.
Florence raconte avoir immédiatement alerté le médecin, mais celui-ci n'aurait pas pris en compte ses inquiétudes. « Il a palpé son ventre et a demandé une injection de morphine », se souvient-elle. Malgré l'absence d'amélioration, aucune échographie n'aurait été réalisée dans les délais appropriés, et le transfert vers les urgences pédiatriques de Lenval à Nice n'aurait pas abouti.
Après avoir passé le relais à son époux vers minuit, Florence est retournée à l'hôpital le lendemain matin. C'est à 10h15 qu'elle a découvert le corps sans vie de son fils. « Adam était mort. Ce sont mes hurlements qui ont alerté le personnel », témoigne-t-elle, la douleur encore vive.
Un rapport d'expertise accablant
Florence a déposé plainte le 8 mars 2023, saisissant la justice civile, pénale et administrative, ainsi que le Conseil de l'Ordre des médecins. Les expertises diligentées à la demande du juge d'instruction ont produit un rapport sans équivoque.
Les experts médicaux soulignent que devant la présentation clinique d'abdomen aigu chirurgical, un examen d'imagerie aurait dû être demandé et réalisé sans délai. Ils pointent également l'absence d'avis spécialisé ou de transfert vers un centre hospitalier universitaire de référence.
Le rapport détaille plusieurs manquements graves :
- Une prise en charge de la douleur non conforme avec des posologies excessives et inadaptées au poids de l'enfant
- Aucun examen clinique complet effectué
- Pas de prescription de surveillance clinique lors de l'hospitalisation
- Aucune évaluation de l'évolution de la douleur
Les experts concluent à un « manque de déploiement de moyens utiles au diagnostic et à la prise en charge », cette dernière étant jugée « inadaptée, insuffisante, lacunaire, en lien direct et certain avec le décès ».
Les réactions institutionnelles
L'Ordre des médecins a déposé plainte contre le professionnel concerné en 2025 devant la Chambre disciplinaire de première instance. Florence Giovial espère une radiation : « Ça ne me ramènera pas mon fils, mais, au moins, il ne fera plus de mal... »
Contacté, l'hôpital d'Antibes a exprimé « sa compassion sincère et sa pensée profonde à la famille et aux proches d'Adam », qualifiant cette perte d'« épreuve indicible ». L'établissement assure avoir immédiatement mis en œuvre les procédures prévues, signalé le décès au procureur de la République et à l'Agence régionale de santé, et engagé une enquête administrative interne.
L'hôpital réaffirme « sa volonté de coopération et de transparence » tout en indiquant ne pas pouvoir communiquer davantage d'éléments dans le cadre des investigations judiciaires en cours. Il souligne que ce drame constitue « un traumatisme profond pour les équipes de soins » qui ont pris en charge Adam.
La mémoire d'Adam perpétuée
Pour rendre hommage à son fils, Florence et une vingtaine de personnes participeront au 10 km du 34e semi-marathon de Nice le 19 avril prochain, arborant des t-shirts floqués du visage du petit garçon. L'équipe, baptisée « Les Étoiles d'Adam », avait déjà participé au marathon des Alpes-Maritimes le 9 novembre dernier.
« On se moque du chrono, c'est vraiment pour lui », explique Florence, émue par le soutien reçu. Une page Facebook a été créée, et la communauté continue de grandir. « Adam était très soucieux des autres, dans l'empathie. Alors ça fait du bien, de voir qu'il n'est pas oublié », confie-t-elle, trouvant dans ce mouvement collectif une forme de réconfort dans son combat pour la vérité et la justice.



