Un projet criminel digne d'un scénario de film
Le tribunal des assises de Vendée a découvert ce vendredi 26 mars 2026 les détails sordides d'une affaire d'empoisonnements en série qui semble tout droit sortie d'un thriller. Amélie D., 37 ans, et sa mère Carole D., 62 ans, ont toutes deux reconnu avoir empoisonné à plusieurs reprises le compagnon de la première, Enrique B., entre 2021 et aujourd'hui. L'avocate générale Sarah Huet n'a pas mâché ses mots lors de l'audience, déclarant que « le projet criminel est digne d'un scénario de film » et que « la volonté de tuer transpire dans les déclarations des accusées ».
Trois tentatives d'empoisonnement distinctes
Les accusées ont reconnu trois tentatives d'empoisonnement distinctes depuis 2021, chacune plus élaborée que la précédente :
- En 2021, Amélie D. a servi à son compagnon une tasse de café dans laquelle elle avait dilué 30 cachets d'alprazolam, un puissant somnifère. Sa mère a avoué avoir broyé les comprimés.
- Puis est venu l'aconit, une plante hautement toxique, saupoudrée sur un plat de chili con carne. Enrique B. se rappelle avoir eu des « fourmis dans la bouche » et des frissons dès les premières bouchées, pensant « mourir » ce jour-là.
- Enfin, du ricin a été glissé dans un paquet de tabac et dans un sachet d'olives qu'Enrique B. n'a finalement pas consommés, ce qui lui a probablement sauvé la vie.
Inspirées par les séries télévisées
Le mode opératoire n'est pas le fruit du hasard. Amélie D. a expliqué aux enquêteurs s'être inspirée de séries télévisées populaires : l'aconit, elle l'a découvert dans un épisode de « You », tandis que le ricin lui a été suggéré par une scène de « Breaking Bad ». Elle avait également envisagé d'autres méthodes, testant l'antigel sur son chien et abandonnant finalement l'idée de la mort-aux-rats.
Des motivations troubles
Selon la victime, Amélie D. voulait « récupérer » leur maison achetée près de La Roche-sur-Yon. L'accusée a partiellement reconnu ce mobile, déclarant aux enquêteurs : « Ça a pu apparaître dans mon esprit, mais ce n'était pas le motif principal ». La relation entre les deux avait commencé à se dégrader à la fin des années 2010, chacun affirmant avoir subi des violences conjugales de l'autre.
La mère complice
Carole D., 62 ans, caissière dans un supermarché, vivait au moment des faits dans une annexe de la maison du couple. Elle a expliqué avoir agi pour aider sa fille, pour que celle-ci soit « tranquille ». Son implication dans la préparation des substances toxiques a été clairement établie lors de l'enquête.
Une mise en examen supplémentaire
Amélie D. est par ailleurs soupçonnée d'avoir saboté les freins de la voiture d'Enrique B., ce qui lui vaut une mise en examen supplémentaire pour tentative de meurtre. Cette nouvelle accusation vient s'ajouter au dossier déjà chargé des empoisonnements.
Vingt ans de réclusion criminelle requis
Le parquet a requis ce vendredi 27 mars 2026 vingt ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté des deux tiers contre chacune des deux femmes. L'avocate générale a également demandé une obligation de soins et l'interdiction d'entrer en contact avec la victime. Le verdict est attendu dans les prochains jours, mettant fin à une affaire qui a défrayé la chronique judiciaire vendéenne.



