La justice française déclare officiellement la mort de l'explorateur Raymond Maufrais
Plus de sept décennies après sa disparition mystérieuse, la justice française a officiellement mis un terme à l'incertitude entourant le destin de l'explorateur Raymond Maufrais. Le tribunal judiciaire de Cayenne a prononcé, mercredi, une décision historique déclarant sa mort survenue en janvier 1950 en Guyane française.
Une disparition qui a nourri les récits d'aventure
Raymond Maufrais, né le 1er octobre 1926 à Toulon et résistant décoré de la Croix de guerre, s'était illustré dès 1946 par une première expédition au Mato Grosso brésilien. Ses récits radiophoniques en 1949, évoquant les films de cow-boys et l'esprit d'aventure du Far West, avaient captivé l'imaginaire collectif.
En janvier 1950, l'explorateur entreprit seul la traversée périlleuse du centre de la Guyane dans le but de rejoindre le Brésil. Après avoir remonté la rivière Mana et atteint Maripasoula, il disparut en direction de l'est, laissant derrière lui un mystère qui allait persister pendant des générations.
Les carnets retrouvés et les dernières traces
Ses carnets de voyage, retrouvés en avril 1950 seulement quelques mois après sa disparition, décrivent avec une précision poignante ses dernières semaines marquées par la faim extrême, la maladie et l'épuisement. Ces écrits constituent les ultimes témoignages de son expédition tragique.
« Il aurait 99 ans aujourd'hui, ça laisse peu de place au doute », a déclaré la présidente du tribunal, Naïma Sajie, avant de prononcer officiellement « la mort de Raymond Maufrais au 13 janvier 1950 », correspondant à la dernière date mentionnée dans ses carnets.
Une décision symbolique attendue depuis longtemps
Cette reconnaissance judiciaire intervient à l'initiative de l'Association des amis d'Edgar et Raymond Maufrais, dont le président Geoffroi Crunelle a expliqué : « Je discute avec le maire et au cours de la conversation, il ressort que la mort de Raymond Maufrais n'a jamais été officiellement reconnue ».
La décision, fondée sur l'article 88 du Code civil, reste essentiellement symbolique mais revêt une importance considérable pour les proches et les passionnés d'exploration. Dès les années 1950, les autorités estimaient déjà qu'il n'avait pas survécu, évoquant dans la requête citée par France-Guyane : « Raymond Maufrais n'a pu survivre et tous l'ont considéré comme mort, soit noyé, soit de faim et de faiblesse sur une berge ».
Un mystère qui continue d'émouvoir
Monika Borowitch a rappelé l'émotion persistante autour de cette histoire : « Son histoire émeut toujours, le mystère qui entoure sa disparition y est pour beaucoup ». La déclaration officielle de décès met ainsi fin à plus de 70 ans de spéculations, tout en préservant la légende de cet explorateur dont les aventures et la disparition sans trace ont inspiré de nombreux récits et documentaires.
Cette décision judiciaire clôt un chapitre historique tout en rappelant les risques extrêmes encourus par les explorateurs du siècle dernier, dont Raymond Maufrais reste l'une des figures les plus emblématiques et mystérieuses.



