Mort de Quentin à Lyon : l'enquête progresse après l'agression en marge d'une conférence LFI
Quentin, un étudiant de 23 ans, est décédé samedi 14 février après une violente agression survenue jeudi en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Lyon, selon le parquet. L'enquête, ouverte vendredi pour violences aggravées et confiée à la Direction interrégionale de la police, a été étendue au chef de coups mortels aggravés après l'annonce du décès.
Les circonstances de l'agression
Les violences sont aggravées par trois circonstances : réunion, usage d'arme, et mise en cause dont le visage est dissimulé. De nombreuses auditions ont eu lieu toute la journée samedi, selon une source proche de l'enquête. Les enquêteurs doivent déterminer les circonstances du drame, encore imprécises. Une source a évoqué des échauffourées entre militants d'extrême droite et d'extrême gauche, fréquentes dans ce secteur du centre de Lyon.
Les pompiers ont secouru vers 19h40 deux personnes - Quentin et un ami - quai Fulchiron, dans le 5e arrondissement, à près de 2 km de l'IEP. Très grièvement blessé, Quentin a été hospitalisé à Lyon. Une vidéo présumée de l'agression, diffusée samedi soir par TF1, montre une dizaine de personnes donnant des coups à trois personnes gisant à terre.
Le profil de la victime et les réactions
Pour l'avocat de la famille, Me Fabien Rajon, Quentin a été victime d'un guet-apens méthodiquement préparé par des individus organisés et entraînés. Selon le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes manifestant contre la conférence. L'avocat contredit cette affirmation, précisant que Quentin n'était ni agent de sécurité ni membre d'un service d'ordre.
Étudiant en mathématiques, pratiquant le tennis et la philosophie, il était investi dans la vie pastorale et très pratiquant, engagé dans une paroisse rigoriste où la messe est dite en latin. La branche lyonnaise de l'Action française a indiqué que Quentin avait milité dans ses rangs.
Les tensions politiques et les suites
Némésis affirme avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, membre actif de la Jeune Garde, groupe antifasciste dissous en 2025. Cette affirmation n'est pas confirmée par les autorités. Raphaël Arnault a réagi avec horreur et dégoût sur Instagram, adressant ses condoléances à la famille.
Rima Hassan a déclaré ne collaborer qu'avec le service d'ordre de La France insoumise, non impliqué dans ces affrontements. Plusieurs permanences LFI ont été dégradées dans la nuit de vendredi à samedi à Paris, Rouen, Metz, et autres villes. Jean-Luc Mélenchon a appelé à la vigilance, et des rassemblements en hommage à Quentin ont eu lieu à Angers, avec d'autres prévus à Montpellier et Paris.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a appelé les préfets à renforcer la vigilance autour des rassemblements politiques. Emmanuel Macron a lancé un appel au calme, à la retenue et au respect, souhaitant que les auteurs soient condamnés. Marine Le Pen a demandé une condamnation avec rigueur, tandis que LFI a condamné toute violence physique avec fermeté. À Lyon, Jean-Michel Aulas a mis sa campagne municipale en veille pour dimanche.



