Onze interpellations dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque
Onze personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur l'agression mortelle de Quentin Deranque, militant d'extrême droite décédé à Lyon. Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, doit tenir une conférence de presse à 17 heures ce jeudi pour faire le point sur les dernières avancées de l'enquête.
Emmanuel Macron condamne fermement la violence politique
Le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé depuis New Delhi qu'il n'y avait "pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence" en République. S'adressant aux "extrêmes", il les a appelés à "faire le ménage" dans leurs rangs, visant à la fois les mouvements d'extrême gauche et d'extrême droite.
"Rien ne saurait justifier, ni chez les uns ou chez les autres, et ni même dans un face-à-face qui est mortifère pour la République, l'action violente", a insisté le chef de l'État, enjoignant à "rester calme" et à "rappeler les principes de la République".
La classe politique divisée sur les responsabilités
Le drame a provoqué de vives réactions dans la classe politique française :
- Le Rassemblement national a réclamé la dissolution des "milices d'extrême gauche" et estimé que "le drame du 12 février n'est pas un fait divers".
- Valérie Pécresse a déclaré que si le député LFI Raphaël Arnault "avait un peu d'honneur", il démissionnerait de l'Assemblée nationale.
- Clémentine Autain a dénoncé "le haut niveau de violence politique qui s'installe dans notre pays" tout en appelant à ne pas rendre LFI directement responsable de la mort.
- Clémence Guetté, députée LFI, a évoqué des "heures graves et inquiétantes" face aux attaques contre son mouvement.
Les développements locaux à Lyon
À Lyon, Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie, a demandé au maire Grégory Doucet d'afficher le portrait de Quentin Deranque sur le fronton de l'hôtel de ville. "Par ce symbole, Lyon n'honorera pas seulement la mémoire d'un de ses fils, elle marquera son refus implacable de la violence et de la haine", a-t-il expliqué.
Une marche d'hommage est prévue à 15 heures place Jean-Jaurès, bien que le maire ait demandé son interdiction. Les organisateurs espèrent la présence de 2 000 à 3 000 personnes pour "une marche d'hommage" et non pour "en découdre".
Conséquences politiques immédiates
Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse et fondateur de la Jeune Garde, a annoncé que son collaborateur Jacques-Elie Favrot avait "cessé toutes ses activités parlementaires". Le député a engagé les procédures pour mettre fin à son contrat dès avant son interpellation.
Mathilde Louvain, tête de liste LFI aux municipales d'Avignon, a estimé que "Raphaël Arnault n'a pas de responsabilité dans ce qui s'est passé à Lyon" et qu'"il n'y a pas de raison qu'il démissionne".
Une minute de silence a été observée mardi à l'Assemblée nationale, initiative soutenue par tous les groupes parlementaires dont le groupe LFI de Mathilde Panot.
Réactions internationales et annulations
Emmanuel Macron a critiqué la première ministre italienne Giorgia Meloni qui avait déploré sur X "une blessure pour toute l'Europe" à propos de la mort de Quentin Deranque. "Je suis toujours frappé de voir que les nationalistes qui ne veulent pas qu'on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres", a réagi le président français.
Par ailleurs, une conférence de Rima Hassan programmée à l'École normale supérieure de Paris-Saclay a été annulée "à la suite des événements récents survenus à Lyon", bien que l'eurodéputée LFI ait réfuté cette annulation sur X, parlant plutôt d'un décalage.



