Mort de Lyhanna : enquête administrative visant un substitut à Auch
Mort de Lyhanna : enquête administrative visant un substitut

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé ce mardi 22 juin 2026 l'ouverture d'une enquête administrative visant un substitut du procureur de la République d'Auch, dans le Gers. Cette décision fait suite à la mort tragique de la petite Lyhanna, 9 ans, tuée par balle le 20 juin lors d'une battue administrative organisée pour réguler la population de sangliers.

Les circonstances du drame

Lyhanna se trouvait dans le jardin de sa grand-mère, à Saint-Jean-Poutge, quand elle a été mortellement touchée par une balle perdue. L'enfant jouait à proximité de la maison, située en bordure de bois, lorsque des chasseurs participaient à une opération de régulation mandatée par la préfecture. Selon les premiers éléments de l'enquête, le tir serait parti d'un fusil de chasse situé à plusieurs centaines de mètres.

Le parquet d'Auch a immédiatement ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire. Le substitut visé par l'enquête administrative est soupçonné d'avoir autorisé la battue sans prendre les mesures de sécurité nécessaires, notamment en ne vérifiant pas la présence de riverains dans la zone concernée. Selon une source proche du dossier, « le substitut aurait validé le plan de battue sans exiger de périmètre de sécurité suffisant autour des habitations ».

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Les réactions politiques

Gérald Darmanin a exprimé sa « profonde émotion » et sa « colère » face à ce drame. « Je ne laisserai passer aucune faute. Une enquête administrative est en cours pour déterminer les responsabilités au sein du parquet », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Le ministre a également annoncé un renforcement des protocoles de sécurité pour les battues administratives, avec un décret attendu dans les prochaines semaines.

L'opposition a vivement réagi. La députée écologiste Sandrine Rousseau a dénoncé « une gestion laxiste de la chasse qui met en danger les citoyens ». De son côté, le maire de Saint-Jean-Poutge, Jean-Pierre Laborde, a demandé une « suspension immédiate de toutes les battues administratives jusqu'à ce que des garanties de sécurité soient apportées ».

Contexte et statistiques

Les battues administratives sont ordonnées par les préfets pour réguler les populations de sangliers, dont le nombre a explosé ces dernières années. Selon la Fédération nationale des chasseurs, les dégâts agricoles causés par les sangliers ont augmenté de 30 % entre 2020 et 2025, atteignant 65 millions d'euros par an. Cependant, ces opérations sont critiquées pour leur dangerosité. En 2025, 12 accidents de chasse ont été recensés en France, dont 4 mortels, selon l'Office français de la biodiversité.

La mort de Lyhanna relance le débat sur la sécurité des battues. Une pétition en ligne, lancée par l'association « Un enfant, un fusil, jamais », a déjà recueilli plus de 150 000 signatures réclamant l'interdiction des tirs à moins de 500 mètres des habitations. Le gouvernement prévoit de consulter les associations de chasseurs et les élus locaux avant de modifier la réglementation.

L'enquête en cours

L'enquête administrative confiée à l'Inspection générale de la justice (IGJ) devra déterminer si le substitut a commis une faute professionnelle. Parallèlement, l'enquête judiciaire se poursuit pour identifier le tireur et les éventuelles négligences dans l'organisation de la battue. Le procureur de la République d'Auch, contacté par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire.

La famille de Lyhanna, représentée par Me Sarah Dupont, a annoncé son intention de se porter partie civile. « Nous voulons que toute la lumière soit faite sur ce drame et que les responsables soient sanctionnés », a déclaré l'avocate. Un hommage public à Lyhanna est prévu samedi 26 juin à Saint-Jean-Poutge.

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