Montpellier : classes quasi vides après la réouverture surprise des écoles
Montpellier : classes quasi vides après réouverture surprise

Ce vendredi 14 octobre, la levée de l'alerte rouge météo dans l'Hérault a provoqué une réouverture précipitée des écoles à 14 heures, prenant de court parents et enseignants. Dans de nombreuses classes, les effectifs étaient réduits à leur plus simple expression.

Des salles de classe désertées

À l'école primaire Sarah-Bernhardt, dans le quartier du Millénaire à Montpellier, les sept enseignants étaient présents mais comptaient à peine six élèves par classe en moyenne. Un enseignant de CE2 s'est retrouvé avec seulement trois enfants au lieu des vingt-sept habituels. "On ne peut pas avancer dans les apprentissages, vu le nombre d'absents", a-t-il confié, précisant avoir reporté une évaluation de géographie après les vacances pour se concentrer sur des révisions.

Les parents, prévenus tardivement, ont dû s'adapter. Julie, mère de deux filles scolarisées à la maternelle Sarah-Bernhardt, a pu les déposer car elle habite à proximité et travaille à son compte. Mais pour beaucoup, l'organisation a été impossible.

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Un revirement critiqué mais compris

La décision de rouvrir les écoles après le passage en vigilance orange a suscité des réactions mitigées. Une enseignante a avoué avoir été "choquée" en recevant le SMS de la directrice, car elle ne pensait pas devoir venir. "Je me mets à la place des parents. Ce revirement est très inconfortable", a-t-elle déclaré. Sa propre fille a choisi de ne pas se rendre au lycée, jugeant le déplacement inutile avec 1h30 de transport aller.

D'autres parents ont fait preuve d'indulgence, rappelant qu'il y a deux ans, des élèves étaient restés bloqués jusqu'à 18h30 et que des parents avaient mis plus de trois heures pour venir du sud de la ville. "Mieux vaut rester prudent", a commenté l'un d'eux.

Des conséquences en cascade

La situation a été particulièrement complexe pour les familles. Nicolas, salarié réquisitionné, avait annulé la baby-sitting pour sa fille. Sa compagne, enseignante à Sète, s'est retrouvée avec seulement trois élèves. "Heureusement que la baby-sitter a pu s'adapter !", a-t-il soufflé.

Les lycéens, plus autonomes, ont repris le chemin de l'école à contrecœur. "Ce n'est pas logique. On décide de rouvrir les établissements alors qu'on est en vigilance orange. La veille, pourtant, ils étaient fermés", a déploré l'un d'eux.

Les internes ont également été touchés. Une famille a raconté que sa fille, interne au lycée Joffre, était restée confinée avec les pions jeudi soir, car passé 16h, impossible de la faire récupérer par des amis sous peine d'être verbalisés. L'établissement a gardé les jeunes jusqu'au lendemain matin.

Un week-end prolongé pour beaucoup

Au total, seuls 3 900 élèves ont été accueillis dans les écoles de la ville sur les 21 000 inscrits. Les temps d'activités périscolaires (Tap) ont rassemblé 1 400 enfants au lieu de 3 500 habituellement. De nombreux élèves ont ainsi bénéficié d'un week-end prolongé.

Cette journée chaotique illustre les difficultés d'organisation face à des décisions météorologiques prises dans l'urgence, entre sécurité des enfants et contraintes des familles.

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