Une agression violente dans le tramway de Montpellier
Le 21 juin, soir de la Fête de la musique, la place de la Comédie à Montpellier était bondée. La rame de la ligne 1 du tramway, qui y faisait halte vers 21h25, était également très fréquentée. À bord se trouvait Kenza, une Montpelliéraine de 25 ans, une bouteille de rhum à la main. Selon des témoins, elle a d'abord bousculé une dame âgée, puis a barré le passage à un couple de retraités qui cherchait à s'asseoir. Une passagère lui a alors fait remarquer qu'elle gênait la circulation, ce qui a provoqué une réaction violente de la part de Kenza.
L'agresseuse a proféré des insultes, notamment en traitant la victime de "grosse pute", puis lui a donné une gifle. Elle a ensuite frappé la femme à la tête avec son téléphone, avant de briser sa bouteille de rhum contre une barre de sécurité du tramway et de s'en servir pour frapper la victime à la tête. La scène a été décrite par plusieurs témoins.
La victime grièvement blessée
Lorsque la victime est sortie du tramway à la station Corum, elle présentait une plaie de huit centimètres à la tête, saignant abondamment. Les pompiers, arrivés sur place, ont dû la recoudre directement. Souffrant d'un traumatisme crânien, elle a été transportée d'urgence au CHU de Montpellier. Son avocate a déclaré lors du procès : "Ma cliente sortait de son travail lorsqu'elle a été victime d'ultra-violence. Les excuses n'enlèvent pas la douleur et les séquelles. Ma cliente a toujours peur d'être agressée."
Un passé marqué par l'addiction et la violence
Le soir des faits, Kenza a été interpellée par la police, qui a trouvé un couteau dans sa poche. Elle a été placée en cellule de dégrisement. À sa sortie, elle a déclaré avoir mélangé alcool et médicaments dans l'après-midi et ne se souvenir de rien. Elle souffre d'une addiction à l'alcool, consécutive à une agression sexuelle, et a été placée à l'âge de 16 ans en raison de violences parentales. Elle a effectué plusieurs tentatives de suicide et vit de l'allocation adulte handicapée.
Kenza était sevrée depuis cinq mois et venait de sortir d'une post-cure le 14 juin, lorsqu'elle a violemment rechuté le soir de la Fête de la musique. L'expert psychiatre, dans son rapport de dix-huit pages, a indiqué que le mélange alcool-médicaments avait pu altérer son discernement, mais que la prévenue connaissait les risques et restait accessible à une sanction pénale.
La condamnation
Le procureur a requis 12 mois de prison ferme, dont 9 avec sursis, ainsi que la révocation d'un sursis de 6 mois. Les juges ont finalement condamné Kenza à 6 mois d'emprisonnement, auxquels s'ajoute la révocation d'un sursis de 3 mois datant d'avril dernier, portant la peine totale à 9 mois ferme. Elle devra suivre des soins d'addictologie et de psychiatrie, réparer les dommages causés et indemniser le Trésor public. Il lui est interdit de fréquenter les débits de boissons et de détenir une arme.
Son avocate a résumé : "Sa vie, c'est une alternance de cures et d'hospitalisations en psychiatrie." Kenza était d'ailleurs hospitalisée le jour du procès. Son casier judiciaire porte déjà trois condamnations, dont une à 18 mois de prison avec sursis pour participation à une association de malfaiteurs.



