Une nuit qui tourne au drame à Montpellier
Le 23 mai dernier, peu avant 7 heures du matin, une soirée entre deux amis montpelliérains a viré au cauchemar devant un établissement de nuit rue Eurydice, à La Martelle. Mohamed, 23 ans, et Serhat, 21 ans, se sont violemment disputés. Selon les faits relatés devant le tribunal judiciaire de Montpellier, Mohamed a saisi un couteau et a porté un coup à la gorge de son compagnon, lui infligeant une plaie de 18 centimètres de long et 3 centimètres de profondeur. La victime a également été blessée à la cuisse. Transporté d'urgence au CHU, son pronostic vital était engagé.
Des circonstances troubles
Lors de l'audience du 11 juillet, Mohamed a reconnu le coup de couteau, mais a affirmé que l'arme appartenait à Serhat. "J'ai agi avec la peur. Je sais comment il est, il peut s'énerver. Le coup est parti tout seul", a-t-il déclaré. Selon l'enquête, la victime venait de briser la vitre de la voiture dans laquelle Mohamed l'avait conduit, après avoir inhalé du protoxyde d'azote. Serhat, présent à l'audience en tant que partie civile, a témoigné : "Je ne comprends pas pourquoi il est allé aussi loin. Je suis toujours traumatisé." Son avocate a souligné son honnêteté et la confirmation de sa version par deux témoins.
Des demandes contradictoires
Le parquet a requis cinq ans de prison ferme, estimant que le mobile – le bris d'une vitre de voiture – était "dérisoire" et que le geste relevait d'une "violence inouïe". L'avocat de Mohamed, Me Marc Gallix, a tenté d'inverser les rôles, affirmant que la victime, sous OQTF et violente, avait tenté d'extorquer de l'argent à son client après les faits. "C'est surréaliste. On a l'impression que c'est le méchant contre le gentil, mais c'est l'inverse", a-t-il plaidé.
Un verdict sévère
Le tribunal n'a pas suivi ces arguments. Mohamed a été condamné à quatre ans et demi de prison, dont un an avec sursis, soit trois ans et demi ferme. Les juges ont souligné "la particulière gravité des faits" et le manque de réflexion du prévenu. Serhat a obtenu 2 000 euros de provision dans le cadre de sa constitution de partie civile.



