Dans les archives : le drame sanglant de Fourques-sur-Garonne en 1966
Le 8 mars 1966 restera à jamais gravé dans la mémoire du petit village de Fourques-sur-Garonne. Ce soir-là, peu après 18h30, la nuit avait déjà enveloppé la campagne lorsque Eugène Mercaton, un citoyen suisse d'une quarantaine d'années, remonta péniblement le chemin forestier menant à la ferme de la veuve Baragnon au lieu-dit « Perrot ».
Une altercation qui tourne au drame
Au volant de sa 2CV Citroën qui cahotait sur la mauvaise sente, l'homme semblait particulièrement soucieux. Arrivé à hauteur des bâtiments, il stoppa brusquement son véhicule, en descendit prestement et, d'une voix forte, apostropha un homme qui, à l'abri d'une remise, était en train de couper du bois : « Hé ! Vous savez qu'à chaque fois que je viens ici, je ne veux pas vous voir dans les parages… Foutez le camp ! »
L'homme, qui avait manifestement reconnu cette voix peu amène, se retourna et lança : « Sale petit morpion, voilà bien dix ans que je veux te tuer ! » Sans désemparer, il se saisit alors d'une bûche, se rua sur son interlocuteur et lui asséna un coup magistral en pleine tête. Le conducteur s'écroula, la face en sang.
La panique s'installe
Un cri strident déchira alors l'air embrumé du soir. Marie-Emilia Baragnon, toute de noir vêtue, traversa la cour en hurlant. Ayant tout vu de la scène, elle se précipita vers son fils Raymond qui gisait sur le sol détrempé en geignant faiblement. Elle tenta de soulever sa tête qui présentait une plaie ouverte large d'au moins trois doigts.
De petites giclées sanguines en jaillissaient de manière saccadée, maculant bientôt le tablier de cette femme qui maintenant hurlait au secours. Alertée par les cris, Alice Chaillot - 69 ans - métayère de la veuve Baragnon et qui habitait à quelques coudées de là, proposa d'amener le blessé jusque chez elle.
La menace se précise
Mais l'agresseur avança déjà vers elle, une serpe à la main, menaçant : « Tais-toi s… ou tu vas y passer aussi ! » Effrayée, la pauvre femme décampa et courut s'enfermer chez elle. Profitant que l'homme se soit un peu écarté d'eux, Marie-Emilia aida son fils à se remettre sur pied et, en se traînant, trouva refuge chez une voisine, madame Georgette M. dont la ferme se trouvait à quelque deux cents mètres.
Le meurtre de Georgette M.
Quelques minutes après, celle-ci sortit de chez elle pour aller quérir le médecin. Elle enfourcha son cyclomoteur quand, cinquante mètres plus loin, l'homme à la serpe lui barra la route. Cette fois, c'était un fusil qu'il tenait à la main. « C'est toi, sorcière qui a téléphoné à Raymond ? De quoi tu te mêles s… ? Et puis d'abord, tu vas où ? Chercher du secours ? Attends un peu j'vais te soigner moi ! »
En disant cela, l'homme qui tenait l'arme sous l'aisselle, arma le chien, glissa son doigt sur la queue de détente… Terrorisée, madame M. poussa un cri couvert par une détonation sèche. Elle s'affaissa au pied de sa mobylette qu'elle tenait encore à la main, tuée sur le coup.
Cette affaire criminelle, qui remonte au 8 mars 1966, continue de hanter la mémoire collective de la région. Eugène Mercaton, citoyen suisse, avait agi pour des histoires anciennes de comportements douteux à son égard, selon les archives de l'époque. La suite de cette tragique histoire sera à découvrir demain dans nos colonnes.



