Mette-Marit face à Epstein : l'interview ratée qui ébranle la monarchie norvégienne
Mette-Marit et Epstein : l'interview qui déçoit la Norvège

Une interview très attendue qui laisse les Norvégiens sur leur faim

Ce devait être le moment de vérité, l'interview de l'année que toute la Norvège guettait. Les citoyens norvégiens espéraient enfin obtenir des éclaircissements et des explications transparentes de leur future reine concernant ses relations controversées avec le financier Jeffrey Epstein, condamné pour trafic sexuel. Malheureusement, face aux caméras de la télévision nationale NRK, la princesse Mette-Marit a noyé le poisson en évitant soigneusement d'entrer dans les détails concrets, tout en adoptant une posture défensive marquée.

Des réponses évasives qui frustrent l'opinion publique

Le résultat est particulièrement frustrant et court sur un sujet qui éclabousse directement la couronne norvégienne. Au final, la princesse héritière n'a pratiquement rien révélé de plus que le sobre communiqué officiel du Palais royal diffusé en janvier dernier, suite à la révélation du contenu de certains emails échangés avec le prédateur sexuel.

Pendant vingt minutes d'entretien, Mette-Marit a tenté de minimiser l'importance et la nature de ses échanges avec Jeffrey Epstein. « J'ai été manipulée et trompée », s'est-elle défendue, précisant qu'elle avait été mise en contact par des amis communs dont elle refuse de révéler les identités, mais en qui elle affirmait avoir pleine confiance à l'époque. « J'assume la responsabilité de ne pas avoir mené une enquête plus approfondie sur cette personne », a-t-elle concédé, sans pour autant apporter les clarifications attendues.

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Des contradictions troublantes dans son récit

Pourtant, des éléments concrets viennent contredire partiellement sa version des faits. Dès 2011, la princesse avait effectué des recherches sur Jeffrey Epstein via le moteur de recherche Google. Un email qu'elle lui a adressé en témoigne clairement, où elle indiquait que les résultats trouvés « ne faisaient pas bonne impression », le tout accompagné d'un smiley - alors que Jeffrey Epstein sortait justement d'une première peine de prison pour une affaire de proxénétisme de mineures, information déjà mentionnée sur sa page Wikipédia à l'époque.

Avec le recul, Mette-Marit de Norvège affirme aujourd'hui ne plus se souvenir de ce qu'elle avait précisément lu lors de ces recherches. « Si j'avais découvert des informations me faisant comprendre qu'il était un agresseur et un délinquant sexuel, je n'aurais certainement pas ajouté de smiley dans mon message », soutient-elle avec force, sans pour autant expliquer cette apparente contradiction.

Une relation minimisée mais des liens persistants

Qu'en était-il réellement de leur relation ? « C'était avant tout un ami d'une amie. Si vous vous demandez si la relation était d'une autre nature, la réponse est non », répond-elle catégoriquement. Pourtant, ce lien paraissait suffisamment solide pour qu'elle accepte une invitation de quatre jours dans sa villa luxueuse de Palm Beach en 2013, épisode qui a fait couler énormément d'encre dans la presse internationale.

Dans son interview, elle précise s'être rendue sur place sur l'invitation d'une amie qui s'y trouvait déjà, alors que Jeffrey Epstein était officiellement absent. Mais les choses semblent avoir dégénéré quand le financier a finalement débarqué le dernier jour de son séjour. « Lorsqu'il est arrivé, il m'a mise dans une situation qui m'a tellement inquiétée que j'ai immédiatement appelé le prince Haakon », confie-t-elle, refusant cependant de rentrer dans les détails précis de cet incident inquiétant.

Plus de questions que de réponses concrètes

Malgré cette expérience troublante, elle est restée en contact avec Jeffrey Epstein pendant plusieurs mois supplémentaires, hésitant apparemment à couper les ponts brutalement. « Je pense que c'était probablement parce qu'il était tellement manipulateur qu'il a profité du fait que nous avions un ami en commun. J'ai tendance à faire naturellement confiance aux gens… », tente-t-elle d'expliquer.

Finalement, cette interview pose bien plus de questions qu'elle n'en résout :

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  • Comment Jeffrey Epstein a-t-il pu approcher d'aussi près la famille royale norvégienne ?
  • Pourquoi Mette-Marit l'a-t-elle promené dans les rues d'Oslo ?
  • Comment expliquer que le prince héritier Haakon l'ait rencontré lors de vacances familiales à Saint-Barthélemy ?
  • Que s'est-il réellement passé lors du séjour en Floride pour que la princesse se sente « en danger » ?

Le couple héritier apparaît soudainement bien naïf, alors même qu'il se trouve aux portes du pouvoir suprême en Norvège.

Des problèmes de santé qui compliquent la situation

Si l'entretien n'a duré que vingt minutes, c'est officiellement en raison des graves problèmes de santé de la princesse, atteinte de fibrose pulmonaire. Cette maladie sérieuse nécessite une greffe dans les prochains mois, constituant un coup dur supplémentaire qui s'ajoute non seulement au scandale Epstein, mais aussi au procès de son fils aîné Marius Borg Hoiby, né d'une première relation, qui risque plus de sept ans de prison pour viol - la justice norvégienne se prononcera début juin.

La presse nationale ne lâche rien et s'interroge désormais ouvertement sur les capacités réelles de Mette-Marit à monter un jour sur le trône aux côtés du prince Haakon. « J'ai une grande foi en l'importance fondamentale de la monarchie en Norvège », a assuré la princesse face caméra. « Je vis actuellement avec une maladie grave et c'est ce qui caractérise désormais mon quotidien. C'est ce qui détermine si je peux ou non assumer pleinement mon rôle royal… »

Elle affirme vouloir tenir son rang « si ma santé me le permet », laissant ainsi une porte de sortie crédible si jamais la couronne norvégienne veut sauver les apparences : le jour venu, Mette-Marit pourrait ainsi ne pas être proclamée reine, officiellement en raison de sa trop faible constitution physique, plutôt qu'à cause des controverses entourant ses relations passées.