Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, a accepté de verser jusqu'à 50 milliards de dollars et de restreindre certaines fonctionnalités de ses applications pour mettre fin à un procès intenté par 41 États américains. L'accord, annoncé mercredi, constitue l'un des plus importants règlements judiciaires de l'histoire des géants de la tech.
Un procès historique contre les pratiques de Meta
Le procès, engagé en 2023, accusait Meta d'avoir collecté et exploité les données personnelles des utilisateurs de Facebook et Instagram sans leur consentement éclairé, notamment pour des publicités ciblées. Les États plaignants, menés par la Floride et la Californie, ont dénoncé des pratiques jugées trompeuses et contraires aux lois sur la protection des consommateurs.
Selon les termes de l'accord, Meta devra payer une somme pouvant atteindre 50 milliards de dollars, répartie entre les 41 États concernés. Cette somme record vise à compenser les préjudices subis par les utilisateurs et à dissuader de futures infractions. L'entreprise devra également mettre en place des mesures de transparence accrues concernant l'utilisation des données.
Des restrictions imposées aux applications
Au-delà de l'aspect financier, Meta s'est engagée à brider certaines fonctionnalités de ses applications. Les restrictions concernent notamment le ciblage publicitaire par défaut, qui devra être désactivé pour les nouveaux utilisateurs, et la collecte de données biométriques, qui ne pourra plus se faire sans un consentement explicite. Ces changements seront déployés progressivement sur Facebook et Instagram dans les prochains mois.
Les autorités judiciaires ont salué cet accord comme une victoire pour la protection des consommateurs. « C'est un signal fort envoyé aux géants de la tech : leurs pratiques abusives ne seront plus tolérées », a déclaré le procureur général de Floride, sans préciser le montant exact que recevra son État.
Une nouvelle ère pour la régulation des données
Cet accord marque un tournant dans la régulation des plateformes numériques aux États-Unis. Il s'ajoute à une série de poursuites contre Meta, notamment en Europe, où le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose déjà des contraintes similaires. Les experts juridiques estiment que ce règlement pourrait servir de modèle pour d'autres procès.
Pour Meta, cet accord permet d'éviter un procès long et coûteux, mais il contraint l'entreprise à revoir en profondeur ses pratiques commerciales. Les investisseurs ont réagi positivement à l'annonce, l'action du groupe grimpant de 2 % à la Bourse de New York. L'entreprise devra maintenant démontrer sa capacité à se conformer aux nouvelles règles tout en préservant sa rentabilité.



