Le tribunal correctionnel de Nîmes a examiné, le 25 septembre, le cas d’un homme de 62 ans poursuivi pour des menaces de mort à l’encontre du maire de Saint-Laurent-d’Aigouze. Originaire de Lyon et récemment installé au Grau-du-Roi, le prévenu aurait proféré des propos inquiétants le 6 février dernier.
Les faits : une conversation qui tourne mal
Ce jour-là, en début d’après-midi, une voiture s’est arrêtée devant un commerce de Saint-Laurent-d’Aigouze. Le passager, un architecte à la retraite, a engagé la conversation avec des employées ou une commerçante près d’un salon de prothèses angulaires. Selon les témoins, il aurait insisté sur leur activité commerciale et constaté le faible nombre de clients. Les propos tenus auraient été équivoques, voire inquiétants, notamment sur le travail ou le chômage.
Gênées, les personnes présentes ont renvoyé le couple vers la mairie et le maire. C’est alors que le passager aurait déclaré : « On va le saigner », en référence au maire, avant de repartir. La police municipale a été alertée, et les gendarmes ont ouvert une enquête. Grâce aux images de vidéosurveillance, le passager et sa compagne, qui conduisait, ont été identifiés.
L’audience : le prévenu conteste les menaces
Lors de l’audience, Olivier, le prévenu, a nié toute menace de mort. « J’ai eu une petite conversation sur l’économie du secteur, a-t-il expliqué. Visiblement, cela ne marchait pas trop. Je leur ai demandé si leur commerce était saisonnier. C’est tout. En aucun cas, j’ai menacé de saigner qui que ce soit. Je ne connais pas le maire. » Interrogé par le président du tribunal sur les raisons pour lesquelles les témoins auraient menti, il a répondu : « Quand vous posez des questions, parfois cela peut être mal interprété. Il suffit d’un petit rien… Et cela part en cacahouètes. Moi, j’essaie de voir ce qui marche ou pas. Je fais mon enquête économique. »
Le maire de Saint-Laurent-d’Aigouze, Thierry Feline, s’est constitué partie civile et a demandé 1 000 euros d’indemnité. « Lorsque j’ai été alerté, j’ai été surpris. Pourquoi a-t-il dit cela ? Je ne le connais pas et je voulais savoir qui était ce monsieur. Cela m’a paru très sérieux. Aujourd’hui, je n’ai toujours pas de réponse », a-t-il déclaré.
Les réquisitions et la défense
La représentante du parquet a requis 4 mois de prison avec sursis et une interdiction de paraître à Saint-Laurent-d’Aigouze. En revanche, Me Laurence Bourgeon, avocate du prévenu, a plaidé la relaxe, estimant que les propos de son client avaient été déformés. « Il aurait eu des sous-entendus sur les embauches à la mairie, le travail, le chômage. Cet homme aurait fait des remarques sur les Arabes. Lui, il n’a jamais dit cela. On lui reproche d’être un peu condescendant. C’est un vieux beau avec une coiffure à la Leonardo DiCaprio. Et cela les a agacés. On a monté ce dossier et c’est très grave », a-t-elle argumenté.
Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 7 octobre à 9 heures.



